22 juin 2009

BLOGUE À PART SPÉCIAL (2) (un texte collectif)

Voici la suite du Blogue à part spécial (1), des textes présentés à l'occasion du soixante-dixième anniversaire du soussigné.
Louis Cousineau




LE ROI LOUIS
Gilles



Quiconque connaît un tant soit peu l’histoire de France sait combien sont nombreux les rois de ce pays qui ont porté le nom de Louis. Ces rois Louis, de France, tout glorieux qu’ils furent, ne sont plus, hélas, que des souvenirs du passé. Mais sommes-nous conscients que nous, au Québec, avons le grand privilège d’avoir, aussi, un roi Louis et, surtout, un roi Louis qui n’est pas du passé. Diantre, il est même le roi de l’Avenir!
Louis de l’Avenir est le roi de ce peuple que constituent ses amis et les membres de sa famille. Chose certaine, personne ne l’a jamais élu! Et il veut toujours tout diriger quand même! Et quand il a quelque chose en tête, bien malin celui ou celle qui pourra le faire changer d’idée. C’est évident, notre ami se comporte comme s’il était un roi. Son ascendant est tel qu’on pourrait même y voir le signe d’une lignée, à tout le moins spirituelle, avec les grands rois de France, ce pays qui est presque le sien d’ailleurs. Tout naturel donc de vouloir le comparer avec le plus grand d’entre eux, Louis XIV.
D’abord, comme Louis XIV, Louis de l’Avenir a sa cour. C’est son immense cercle d’amis et de parenté. Certains d’entre eux , les intimes, ont le privilège parfois d’assister à son lever. C’était aussi comme ça à Versailles.
Comme Louis XIV encore, notre Louis doit être, presqu’en tout temps, entouré de sa cour. Doit-il partir en voyage? Il faudra que sa cour, du moins une partie d’entre elle, se déplace avec lui, tout spécialement s’il va en France, ou encore en Irlande.
Louis XIV avait ses bouffons, Louis de l’Avenir en a aussi. Ce sont ces gens qui composent le GAG! C’est lui qui décide quand ils se donneront en spectacle.
Parler devant Louis XIV ne pouvait se faire sans avoir son autorisation. Est-ce que cela vous dit quelque chose? Bien sûr, on dira que, dans les faits, Louis de l’Avenir accorde souvent cette autorisation mais, attention, à condition qu’on lui laisse le dernier mot!
Comme Louis XIV toujours, Louis de l’Avenir a un château qu’il quitte rarement. C’est la Nichée. Et la Nichée, c’est un peu comme Versailles, ne trouvez vous pas? C’est un vaste domaine, parsemé de jardins, où poussent des arbres majestueux. Un domaine où les gens du peuple, les manants, qui menuisier, qui plâtrier, qui jardinier, qui homme sans métier, viennent travailler à l’embellissement des lieux et à la gloire du noble personnage qui en est le propriétaire. Ils le font sans rémunération aucune, à la sueur de leur front, dès que le roi en exprime le désir.
On décrivait Louis XIV ainsi: «Nec pluribus impar», c’est-à-dire:«À lui seul, il en valait plusieurs»! N’est-ce pas que ça ressemble à notre Louis?
Louis XIV avait, dit-on, un appétit phénoménal. Il se laissait aller assez grossièrement à des abus de table et à des cuites magistrales. Il aimait tout particulièrement le foie gras, arrosé de capiteux vins d’Anjou, comme le Côteau du Layon. Là encore, la ressemblance avec notre monarque est frappante, ne trouvez-vous pas?
Enfin, le château de l’Avenir, la Nichée, comme celui de Versailles, est habité, avec grâce, par une reine, une femme qui est bénie des dieux. On pourrait croire que c’est le roi qui l’a choisie, mais il n’en est rien. Au contraire, comme l’histoire le dira un jour, c’est elle qui a bien voulu accepter le roi. Et elle l’a fait, de toute évidence, par grandeur d’âme, générosité, compréhension...
Et cette reine, comme bien des reines nous l’ont démontré dans l’histoire de France, exerce un pouvoir indiscutable dans son château, pour ne pas dire plus!
Vive le roi de l’Avenir, vive la reine de la Nichée, vive leur lignée1



LE MOLIÈRE DE L'AVENIR
Margot



Mon cher Louis,
Il ne sera pas dit
Que je ne t’aurai jamais fait un bien cuit…
Il te faut lâcher le crachoir,
C’est à mon tour de l’avoir…

Goethe disait de Molière,
qu’­il était tellement grand
Qu’en le lisant, on était frappé d’étonnement.
Qu’il était le maître de la comédie classique
et que ses pièces touchaient au tragique.
Que depuis, personne n’avait le courage
De marcher sur ses traces…
Mais Goethe ne connaissait pas la volonté
De Louis, qui tente de chausser ses souliers,
Et par une véritable voltige il entreprend le virage
et virevolte, sans en perdre la face…

A l’instar du grand homme de renom
Il se sert de sa vocation ,
Pour valider ses opinions,
Ou pour jouer du violon…
Ou bien est-ce pour se venger
Que ce virtuose de la vérité
Fait véhiculer sa version
Des faits arrivés?

Quand Noella rencontra Louis,
Ce fut un grand moment dans sa vie.
Ce beau vaillant jeune homme à la parole facile
Était très volubile.
Dans la langue de Molière,
Les mots, verbes et vers,
Coulaient de ses lèvres, sans être vulgaires.
Et de ce verbiage est né, un amour passionné
Qui dure depuis une cinquantaine d’années.

Du Chez Nous, il était chroniqueur,
Puis de plus en plus orateur,
Enfin son esprit créateur
Fait de lui un grand blogueur.
Son Blog aujourd’hui
Nous fait découvrir en lui
Un volet de sa personnalité
Qu’on avait déjà un peu soupçonné.
Sous le visage voilé d’un voyeur caché,
Il fait valoriser dans une valse effrénée de mots,
les va-et-vient de sa société.
Pouvons-nous vraiment de ses propos,
En vérifier la véracité,
Ou essaie-t-il seulement de nous vendre ses idées???
Il sait utiliser de la véhémence dans ses discours
Quelquefois des mots violents ou virulents, sous une voix de velours
Ce vieux vaniteux doit être vacciné
Pour affronter les virus virtuels de son ordi
Mais peu importe l’heure, Louis,
Roule à pleine vitesse
Sur la voie réservée
Aux blogueurs chevronnés.

Ce valeureux voyageur
Ne sait comment vaincre sa peur,
Quand il s’agit de voguer
Avec son voisin, sur un voilier.
Il préfère véhiculer en véritable vainqueur
Dans sa voiture, à toute vapeur.
En vacances, il veut visiter
Viticulteur, vignobles et verrats
Plutôt que d’aller à l’opéra.

Il est vorace de la vraie beauté, de la végétation
Et la vue de vallée et vallons
Meuble son horizon
Mais le verglas…
A fait tout un dégât
À ses jardins et ses boisés
Qui sont sa fierté.

Dans un français vernaculaire,
ma langue de vipère
Ne se veut pas venimeuse,
Ce n’est qu’une vocalise volontaire,
Qui me permet de vulgariser
quelques vénielles pensées,
Par des paroles un peu visqueuses
Mais je ne voudrais point l’orgueil blesser,
De notre vulnérable et vénérable vieillard, tant aimé,
Je me plais cependant de lui offrir
Une violette pour son bon plaisir.
Je lève et vide mon verre de vodka,
À la santé d’un homme qui sait vivre
Et c’est mon vœu le plus cher
Qu’il puisse bien vouloir
Continuer d’écrire
des volumes volumineux
que nous lirons en prenant des vitamines tous les soirs.
Afin qu’il puisse être heureux…

Pour finir, avant de lui voler un baiser
Et avant la dernière virgule, je crie Victoire,
Car j’ai la veine et je m’en vante, de compter
Parmi mes véritables amis
Cet aimable vieillard, ce vieux shnouck nommé Louis,
Qui n’est ni Verlaine, ni Voltaire
Mais c’est... notre Molière,

Notre Molière de l’Avenir,
Il va sans dire!


SOUVENANCES (…sans Portraits)
Denis

Je vous propose une série de petits souvenirs, comme ça, sans chercher l’humour ou le drame, juste comme ça, à la lumière des émotions et des sentiments qui me sont revenus en y pensant au cours des dernières semaines. Il y en a beaucoup, mais je serai bref. Tu te rappelleras la plupart déjà.
PREMIER SOUVENIR
Très loin, très très loin. Un souvenir vague d’un grand frère qui va à l’école très loin. C’est vague mais c’est un sentiment très fort d’admiration devant le grand frère. J’ai 4 ans;
DEUXIÈME SOUVENIR
Souvenir dont j’ai parlé si souvent. La photo à Saint-Stan. Les médailles, les bagues. Le trajet, le plaisir de se promener loin de la maison, sans mon père et ma mère. Les soutanes, la grande école, mon frère qui est connu de tous. J’ai 7 ans. Le sentiment en est un de fierté.
TROISIÈME SOUVENIR
Une visite chez le dentiste. Après m’être cassé les dents en jouant au football. Noëlla entre dans le décor. C’est réconfortant, c’est sécurisant. J’ai 9 ans. Et le sentiment en est bien un de sécurité.
QUATRIÈME SOUVENIR
Une découverte. Une découverte magnifique qui porte encore à ce jour. La découverte de la lecture, avec Biggles. « Assis-toi et lis-ça. Tu vas aimer ça! ». J’ai 10 ou 11 ans. Le sentiment retenu est celui de l’encouragement.
CINQUIÈME SOUVENIR
Celui-;à me revient clairement. C’est en ’63, j’ai 13 ans. C’est la naissance de Junior, Louis-Georges pour les moins audacieux. La fierté de devenir « mononcle », ça va de soi. À mon grand bonheur, Louis et Noëlla me demandent d’être parrain » Là je découvre qu’ils me font confiance.
SIXIÈME SOUVENIR
Un des plus décisifs à certains égards. J’ai 15 ans. Louis est chez P.S. Ross, je crois, pas certain. Là, il me propose une autre lecture : Le Financial Post. »Lis ça, ça va peut-être t’intéresser ». Ça m’intéresse un peu, mais ça m’intéresse définitivement. J’ai 15 ou 16 ans. Ce que ça m’inspire. Un sentiment clair d’ouverture sur de nouveaux horizons.
SEPTIÈME SOUVENIR
Précieux. Très précieux. Notre voyage de noces. Premier voyage en avion, première fois à l’extérieur du pays. Quel beau souvenir. Le sentiment du grand frère qui prend soin du petit frère. J’ai 23 ans. Louis et Noëlla m’ont aussi accueilli chez eux pendant trois mois.
HUITIÈME SOUVENIR
Pleine vitesse pour avancer à notre première rencontre en France. J’ai 34 ans. Souvenir impérissable s’il en est un. Souvenir de joie, d’émotion. Chez Adolphe, on s’est embrassé. Sentiment profond de racines fraternelles communes.
NEUVIÈME SOUVENIR
« Fast forward » encore, on se retrouve au neuvième souvenir. En général, durant ma quarantaine durant les années ’80. Là, on se rend compte de plus en plus qu’on n’est pas sur la même longueur d’ondes à plusieurs égards. Divergences politiques assez importantes. Le sentiment que cela évoque en est un d’éloignement.
DIXIÈME SOUVENIR
Mais en 2001, quand j’ai 51 ans,, nous allons en France. Quel bonheur, quel privilège, une belle complicité, avec un petit frère qui prend un peu soin de son grand frère. Belle complicité, beau rapprochement.
ONZIÈME SOUVENIR
La même année, on apprend que Noëlla est affligée de cette maladie si inquiétante. Les épreuves rapprochent en général et ce fut le cas en 2001! Le sentiment que cela évoque, c’est tout simplement l’amitié.
DOUZIÈME SOUVENIR
Le douzième souvenir, aussi précieux celui-là, c’est en 2005. Je suis rendu à 55 ans. Ça fait 51 ans que j’évoque, mais ça vaut la peine. C’est la création du GAG. Quelle belle idée, quelle idée généreuse à mon égard. Le sentiment en est un simplement de reconnaissance.
TREIZIÈME SOUVENIR
Le treizième, vous ne serez pas surpris, est un peu pénible. J’ai 58 ans et nous sommes chez Jean-Claude. Un moment difficile. Un sentiment de frustration. Enfin, ça arrive.
QUATORZIÈME SOUVENIR
Heureusement, l’histoire ne se finit pas à 13. Car aujourd’hui, ce sera le quatorzième, un GAG dans mon quartier pour célébrer les 70 de frangin. Ce sera, j’en suis sûr, un souvenir, rempli de fraternité.
QUATORZE sentiments, 5 x 14 = 70. Pourquoi 5? Parce que je propose 5 autres Tours de table. Cinq tours ça va nous garder une douzaine d’années. Tout à fait plausible!
LONGUE VIE À MON FRÈRE! LONGUE VIE AU GAG!

LE MEA CULPA D'UN SUJET REPENTANT
Édouard

(Une pièce en un acte et quatre aveux)

LE CRIEUR
OYEZ ! OYEZ! Mesdames et messieurs … vous allez être témoins d’un coming out ….
Oui, ici, isolé en pleine nature, dans le refuge des Lacasse-Cousineau, nous avons un pénitent parmi nous. Cela fait 40 jours qu’il s’est isolé pour réfléchir sur sa vie. Aujourd’hui, il est prêt à demander pardon pour ses plus grandes fautes. Il souhaite être gracié, en ce jour du 70ième anniversaire de Louis.
En guise de préparation, nous avons besoin de votre aide .. ….

chantez en chœur SVP!
«Oh! très grand Louis … absous-le de ses fautes!» (bis)

LE PÉNITENT
Chers parents et amis,
Merci. Votre appui me réconforte au plus haut degré.
Aujourd’hui, je me présente devant vous tout contrit, affaibli et au bord des larmes. Je dois vous faire de grands aveux … Ouche! Ce n’est pas facile d’admettre ses erreurs. Je suis prêt à me confesser devant vous, dans ce coin perdu, avec comme témoins les animaux si chers à cette Nichée.
Aujourd’hui, vous assistez à un miracle. Je viens m’avouer fautif envers Louis.
Oui, j’ai péché et Louis, ou plutôt le grand Louis, tout tolérant et magnanime qu’il soit, même blessé profondément, a tout accepté sans dire un mot. Ah! ce qu’il est grand ce TI-WI!

Et le chœur de reprendre
- «Oh! très grand Louis … absous-le de ses fautes!» (bis)

Je me confesse de ne pas avoir, par orgueil, rendu hommage à Louis aussi souvent qu’il le méritait. En plus, j’ai été coupable de faire de l’humour facile et injustifié à ses dépens. Ouais! mais … des fois c’était tellement facile qu'il m’était difficile de me priver de ce plaisir. De toute façon, maintenant, je m’en confesse et j’espère que le grand seigneur qu’est Louis va me pardonner.
Aujourd’hui, à l’occasion de vos 70 ans, vous pouvez libérer ma conscience de ce lourd fardeau. SVP acceptez mon très humble Mea Culpa. Entre autres crimes, je me confesse des quatre fautes suivantes :

1er aveu.- En littérature, Louis est un disciple de Bernard Pivot. Il partage avec son maître le même goût et une appréciation inconditionnellement favorable des vins du Beaujolais. Il a choisi un maître à penser de très grand niveau et il le suit malgré un odorat défectueux et des papilles gustatives inopérantes. Mes félicitations pour votre fidélité aveugle et mille Mea Culpa pour avoir tant vanté les mérites d’autres crus. Vous avez parfaitement raison, le Beaujolais, c’est un bon petit vin que l’on doit boire jeune et frais. Que ce vin – plutôt - que cet élixir vous garde jeune et … vert bien longtemps ! Pardonnez-moi mes erreurs et, en guise de réparation, je vous promets que je tremperai mes lèvres, avec un crédible plaisir, dans votre élixir de jeunesse.

Et le chœur de reprendre
«Oh! très grand Louis …. absous-le de ses fautes!» (bis)

2ième aveu.- En politique, nous retrouvons l’historien, que dis-je, l’apôtre super bien informé qui nous alimente de textes bien choisis. Louis, tout le monde ici le sait et chante vos louanges, vous êtes grand par votre conviction et votre apostolat politique. Vous vous imposez comme un phare au beau milieu du tourbillonnement politique qui perturbe constamment nos vies.
En politique, Louis, vous êtes totalement impartial (oups! je l’ai dit –sincère???). Celle-là, je m’en confesserai plus tard. Je reprends. Louis, vous êtes totalement impartial et aucun parti politique ne peut résister à votre examen. Ils sont tous déficients et aucun ne vous mérite. Vous avez bien raison. J’admire en vous le patriote militant et convaincu, toujours prêt à monter aux barricades.
Pardonnez-moi de ne pas comprendre que le Québec est un tout et que le Canada ne sera toujours qu’une mosaïque qui a besoin du Québec pour devenir un tout … ouche! .. N’est-ce pas formidable ce qu’une réflexion de 40 jours peut produire! Je viens peut-être d’inventer le concept, le credo d’un nouveau parti politique. Louis, pour votre anniversaire, je vous offre cette innovation. Faites-la vôtre! Créez votre propre parti et lancez-vous à la conquête de ce Québec grand comme le Canada d’aujourd’hui.
En guise de réparation de toutes mes insolences passées, je vous assisterai sans compter, dans l’immense ombre que vous projetez.

Et le chœur de reprendre
«Oh! très grand Louis …. absous-le de ses fautes!» (bis)

3ième aveu.- Maintenant, la zoologie. Ici, il faut reconnaître vos talents de chef de meute et vous féliciter pour la fondation et la gestion d’un refuge clandestin pour chiens errants.
Tu es notre César québécois! --- Pas le César des Romains mais le César, grand psychologue des chiens, de Canal Vie!
Pardonnez-moi d’être jaloux de votre succès et d’être jaloux de l’attention que vous prodiguez à ces pauvres bêtes.

Et le chœur de reprendre
«Oh! très grand Louis …. absous-le de ses fautes!» (bis)

4ième aveu.- Mon quatrième grand péché avouable est votre manque de ponctualité. Je l’ai tant décrié. Eh bien! en cette matière aussi, j’ai erré. Après consultation auprès de votre historien personnel – Gilles Léveillé – il me faut avouer qu’il y a une explication bien évidente à cela et, qu’ici aussi, vous êtes une victime. Pardonnez-moi! Ce n’est pas de votre faute, c’est votre cour qui vous retarde. Oui! Oui! celle de Louis I de ce pays. Là aussi, j’étais dans l’erreur et je vous demande pardon pour toutes les fois que j’ai, si gentiment, souligné ce comportement désavouable.
SVP imitez votre prédécesseur Louis IX de France - saint Louis - et pardonnez-moi!

Et le chœur de reprendre
«Oh! très grand Louis …. absous-le de ses fautes!» (bis)

En guise de conclusion, j’ai décidé de prêcher par l’exemple et de vous pardonner un de vos écarts, soit celui d’avoir transformé un événement religieux de trois jours, un Triduum pascal, en une chasse à l’âme sœur. Je ne vous pardonne pas votre geste. Il n’en est pas question. Je vous pardonne plutôt parce qu’en agissant ainsi, vous avez fait que Noëlla soit des nôtres.

Ici, le fruit est plus grand que la trahison!

Ma bonne et très grande Noëlla - la sainte femme qui a vécu dans la lumière de Louis, le plus-que-parfait - SVP intercédez auprès de votre Louis pour qu’il me pardonne et informez-le, avec toute la force de votre persuasion, qu’il ne peut pas me traiter de téteux en m’accordant son absolution.
D’autre part, Louis I et le bon, j’entends les murmures de votre bon peuple réclamer que vous me graciiez, en ce jour de votre 70ième anniversaire. Faites qu’aujourd’hui ce soit Édouard, le repentant, qui soit choisi et non pas Barrabas, le brigand.

Alors grand Louis, me pardonnez-vous mes abus d’humour facile et mes agressions verbales?

Et le chœur de reprendre
«Oh! très grand Louis …. absous-le de ses fautes!» (bis)

Le 22 juin 2009

16 juin 2009

BLOGUE À PART SPÉCIAL (1) (Un texte collectif)

Le Blogue à part suivant a été réalisé, à mon insu, grâce à la complicité de Beth, ma belle-fille et Noëlla, ma douce. De subterfuges en astuces, ils ont réussit à pénétrer mon lieu d'écriture, pour y introduire les textes touchants qui suivent.
Louis Cousineau















Mon cher
Louis,
c’est à ton tour
de te faire
blogger
d’amour

PREMIÈRE PARTIE
D'UN TEXTE COLLECTIF
L'IMPLICATEUR
(tentative partiellle et partiale)


Père:

Auteur, géniteur, papa, pops, paternel, dabe, daron, vieux, aïeul, ancêtre, ascendant, chef, origine, patriache, souche, tige...

Il y a longtemps qu'il me connaît, bien avant que je n'aie acquis une conscience de moi.
Dans le défilé mémoriel, il y a des images qui fusent, aidées qu'elles sont du 8mm Bell & Howell,
et me projettent moi aussi dans le temps. Textures mouvantes remplies de sauts d'images et d'une chromatique jaunie de poils et de poussières des années soixantes et soixantes-dix. Que d'anniversaires, de gâteaux barbouilleux, de chandelles (intérieur nuit avec un gros spot chaud qui nous aveuglait), de cadeaux non écologiques, de barrouette de banlieue, de plan cuisine, de gros V8 station wagon, de masques en plastique, d'enfants en chapeaux, de guili-guilis (LA mimique de maman), de plages-camping, de neige tempêtante, de sable étatsunien, de panoramiques aux têtes parfois coupés ...c'est toi qui filmais; à la fois boulimique de faire du cinéma au quotidien et brouillon de passer à autre chose. Quant aux quelques séquences où l'on te voit, c'est souvent un jeu improvisé où tu te mets en scène! Que dire qu'il y a longtemps que tu fais un show ! Je me revois, entre autres, dans une prise où je suis au bout de tes bras flottant dans ta confiance près du plafond et loin du bois franc de l'appartement sur Jean-Meunier où tu devais sûrement m'endurcir aux peurs du vertige...

Aujourd'hui, à 40 X 1.75 ans, il est utile de rappeler quoique tu en atténues la teneur bien humblement (oui, oui), ta présence sur l'internet atteste de la vivacité intellectuelle qui te caractérise. Plus secrètement je crois, le blog sert aussi à déclarer ton affection et de faire un legs aux gens qui t'entourent en jonglant avec "l'art d'écrire à un degré étonnant" comme le dit ton vieux prof Jean. Voilà ta générosité induite de façon subtile dans les portraits dont tu attends parfois ardemment les réactions puisque les affiliations électives sont façonnées de cette exigence. Ton petit atelier de l'écrire libre nous dit que tu nous aimes d'abord, ensuite que; "J'ai peut-être tort, mais j'en doute!". C'est tout toi, mon père; les deux versants de l'égo; le centrique et l'altruiste ! Pour moi, c'est de l'énergie! Canalisée là où il faut et en mode économique.

Aujourd'hui, à 46 X 1.52176 ans, il est parfois assez drôle de te voir évoluer dans ton espace d'herbes, de fleurs, de plantes ("les hostas, ça m'épate!"), d'arbres ("câline, y a encore poussé c't'année!"), de piquets, de pierres, de roches, de blocs décoratifs ("y faut que j'en mette là") de gazon, de sentiers, de chaises disséminées un peu partout pour faire une pause, de tracteur à jardin, de quad, d'outils aratoires ("ti-lou, yé où mon sécateur?"), de panneaux dans le boisé (pour ne pas perdre le nord!) et d'inscriptions diverses indiquant direction et nominations célèbres, et, particulièrement lorsque tu es couché dans quelques plates-bandes pour faire une job de sol ou, visser une plaque électrique pour tes fameuses lumières...ou, pour travailler en se reposant...pas trop fort...juste assez ("m'a t'dire, ta mère 'est faite toffe!").
Parlant d'éclairage...vous ai-je déjà dit que si par malheur un avion subissait une avarie par temps noirci et qu'il soit obligé d'atterrir près de L'Avenir ou Durham-Sud, je suis sûr qu'il prendrait la Nichée pour une piste d'atterrissage!
Voilà ton envie d'être l'estivant de votre villégiature authentique et comme tu le dis souvent, d'avoir des projets et de les bien gérés. Même si tu râles un peu avec l'âge mûr (qui est aussi l`âge qui dort surtout vers 11h-11h30 le soir...), en comparant à l'aide de photos anciennes, je me rends à l'évidence; ton indice de masse corporelle est meilleur qu'avant! Peut-être est-ce aussi le fait de courir en tous sens.

Après tes chiens qui sont les bêtes les mieux dressées de toute la portion aveniroise du 8e rang! Ces mêmes chiens à propos desquels on ne sait trop si ce sont eux qui habitent chez vous ou bien, si c'est toi et maman qui habitez chez vos bêtes! Tu voues presque un culte à ces gardiens de la Nichée qui de loin en loin, a-t-on l'impression, qu'ils empruntent des tics et des tacs du maître humain...
c'est saint Roch et ses chiens qui, s'il dorlotte sa meute à la fois comme un ex-DRH et comme un papi(tu n'aimes pas ce mot, je sais) gâteux,"C'est que, faute de savoir ce qui est écrit là-haut, on ne sait ni ce qu'on veut ni ce qu'on fait, et qu'on suit sa fantaisie qu'on appelle raison, ou sa raison qui n'est souvent qu'une dangeureuse fantaisie qui tourne tantôt bien, tantôt mal." (D. Diderot, vers 1778).

Aujourd'hui, à 44 X 1.591 ans, tu es le même paternel dans les discussions avec certaines inclinations qui sont devenues tranchantes avec le temps. Mais, Il n'est chasse que de vieux chiens. À ce que je sache, c'était et c'est toujours de vive voix que tu t'incarnes le plus. Polémiquant sur les sujets de l'heure, tu affirmes ton idée (je dirai même que tu opinionnes-en-chef) hors des zones grises dont tu détestes parfois la teinte rose, si j'ose dire. Je me dis, à la vérité, que je suis fait de ce mortier pour au moins une part. Qui n'a pas goûté à tes tirades personnelles, à l'impétuosité de tes répliques, aux picossements des petits défauts de chacun, à l'étirement des sauces sur les manies de chacune mais aussi à l'intérêt que tu leur portes en déployant ton versant sentimental sous des couverts drapés d'humour. Un humour d'ailleurs, qui charme encore l'auteure de nos jours...par l'autodérision qui est une forme de questionnement sur soi autant que d'un modus vivendi pour appréhender le monde. Dans le parcours de chacun, toujours à l'affût des dernières nouvelles, tu as un mot, une pointe, un geste, un encouragement sans parler de l'importance d'un conseil que tu peux donner sur d'amples sujets; spécialement en tant que GO de voyages en France ou depuis la retraite, la gestion de "l'argeint"! Ce sens de l'humour et l'affection que tu nous manifestes, je les reçois depuis toujours de manière égalitaire avec mes frères et ça, c'est une leçon de vie que je retiens. Il y a chez toi un soucis de faire équitable dont j'ai toujours admiré la constance. Présence biologiquement équitable !!!

Aujourd'hui à 0.0361009 X 1939 ans, nous te saluons très particulièrement, un peu à ta manière; nous te cuisons sur diverses sources et de notre présence, puisses-tu en concocté encore la substantifique moëlle qui nous implique à toi. Pour ma part, je t'ai toujours dit que j'essaie de prendre le meilleur de ce que tu m'as donné à voir et comprendre. Je te dois beaucoup. Fait rare de nos jours, je peux affirmer que ma filiation obligée paternelle s'est transformée au fil des ans en privilège que j'honore de mon meilleur best. Profite et encaisse !!!
Louis-Georges

SOUVENIR AVEC MON PÈRE

1989 en Belgique


Stéphane

ROI DES CHIENS

2009 La Nichée



L oved by his friends, family, and especially by his beautiful wife
O ctogenarian, not yet, but has now seen eight decades of life.
U biquitous, perhaps almost omnipresent.
I nformative, kind, helpful, and intelligent.
S &P, TSX, Poppa Louis Ratio, concerning money he’s as sharp as a knife.

Louis, your name says it all.
Love you dearly,
Beth and Jean-François


OPUS #70: UN MONONCLE EN OR

Afin de souligner cet important anniversaire, j’ai recherché comment définir cet oncle et j’ai trouvé plusieurs définitions:
Oncle : nom masculin qui vient du latin avunculus qui lui vient d’avus et qui veut dire aïeul. (C’est pas de ma faute, c’est la racine latine qui le dit!)
1- Larousse : Frère du père. Ici, je ne peux nier l’évidence des liens du sang. Eh oui, Louis est bien mon oncle! Mais au-delà de ces liens familiaux, j’ai plusieurs choses en commun avec lui mais j’en retiens deux en particulier: Écouter un ti-weswing et aimer aller à Salaines. Quel bonheur j’ai eu d’y passer une semaine en sa compagnie il y a deux ans.

2- Dictionnaire du XIXe : Mari de la tante. Vrai! Pour moi, l’oncle et la tante sont indissociables. Ils m’ont fait découvrir la campagne, le bois, les corvées en famille. Des gens avec qui les bons repas bien avinés sont toujours ponctués de discussions, d’échange et surtout de mes rires en réponse aux farces et grimaces de Louis. Un oncle et une tante qui me font une place spéciale et avec qui j’aime beaucoup passer du temps.

3- Mérimée en 1853 : Titre donné à un homme plus âgé que l'on s'interdit, par respect, d'appeler par son prénom, ou, en raison des liens d'affection, d'appeler monsieur. Pour ma part, je dis toujours Mononcle Louis! Un oncle qui taquine ceux qu’il aime. Et s’il me taquine comme il m’aime, il doit m’aimer énormément!

4- Autre dictionnaire du XIXe : Titre que les empereurs d'Allemagne donnaient aux électeurs ecclésiastiques de l'empire. Notre homme est engagé. Il écrit sur divers sujets, réfléchit au sujet de notre société, de sa classe politique, sa culture, sa langue. Il publie régulièrement ses pensées sur son blogue. Il a un esprit critique et parfois, il se révolte contre certains politiciens, journalistes, lecteurs de nouvelles, miss météo, publicités, émissions de télé… (je vais m’arrêter ici, on m’a demandé d’être brève quand même) Ce qu’il faut retenir, Louis est un passionné.

5- Feydeau en 1914 : Oncle à héritage. Oncle qui n'a pas de descendant direct et dont on recueillera l'héritage après sa mort. «Allons, ce n'est pas parce que je suis l'oncle à héritage!... Je ne suis pas encore mort, tu sauras!» Plutôt que de parler d’héritage, je préfère plutôt parler de souvenirs. Les plus vieux se sont déroulés sur la rue Renoir et au chalet de Sun Valley et les plus récents, à l’Avenir. Ce sont tous de bons souvenirs pour moi et je compte bien continuer de les accumuler.

Cette petite démonstration étymologique et lexicale a pour simple but de dire à quel point je l’aime, je l’admire et que je veux qu’il prenne soin de lui pour l’avoir encore longtemps près de moi. Bon anniversaire, mon oncle Louis.
Marie-Hélène



70 ANS DÉJÀ!

Oncle Louis

Voilà bien un âge assez vénérable pour porter le qualificatif de MON ONCLE.

Eh oui un petit oiseau est passé par chez-nous pour nous informer que mon oncle Louis, le mon oncle le plus original de la famille venait d’atteindre l’âge vénérable de 70 ans.

T’en fais pas on dit que la sagesse vient avec l’âge. Dans ton cas cette sagesse ne devrait pas t’atteindre avant encore au moins une bonne dizaine d’années. C’est donc dire que tu as le cœur très jeune et l’esprit encore plus alerte.

Pour toi les années ne comptent pas étant donné ton grand sens de l’humour et ta facilité à tirer la pipe à tout ceux qui te côtoient.

Nous te souhaitons un très joyeux anniversaire et tout le bonheur possible pour l’année à venir.

Ton neveu et ta nièce
Donald et Odette

P.S. Ah oui j’oubliais, moi, la sorcière de Baie-Comeau, j’ai consulté mes cartes et comme je sais que tu y crois vraiment je peux te rassurer, l’année de tes 70 ans sera bonne et prospère.


QUOI DIRE DE NOTRE TONTON DE L'AVENIR!

Qu’il a relevé un gros défi en s’installant à la campagne. Au début la ressemblance avec M. Douglas des arpents verts est frappante. Que d’aventures surprenantes pour lui dans ce nouveau décor autant que la comédie.

En bon gestionnaire de ressources humaines, il aime bien déléguer mais surveille étroitement les coûts de production. Parfois les estimations dépassent à la hausse, ce qui lui cause des palpitations. Plusieurs années de chantiers, afin de donner une âme à son paradis. Il jongle avec le budget afin de l’équilibré pour les travaux intérieurs et extérieurs tout en s’accordant des vacances en France. Notre financier trouve que ça baisse trop vite…
Tout est à faire pour aménager la Nichée à la convenance des VP (vacanciers permanents).

Il est maintenant très COWBOY avec son tracteur à gazon ou un motard sur son VTT quand… Quand il se rappelle comment ça marche.
Pourtant ce n’était pas pour lui au début et vraiment pas nécessaire… Il devient designer pour clôturer le jardin et travailler la matière noble. Il devient urbanisme pour faire des chemins dans le bois. C’est tout un exploit pour lui qu’il relève avec panache. Lui pour qui le travail manuel n’étant pas sa force.

Lui qui ne voyait pas l’utilité de l’ordinateur, scanner et de l’internet, le voici écrivain dans un blog, critique politique pour les journaux, organisateur de voyages etc. Qui aurait dit ça et c’était surtout pas pour lui…

Il est à quatre pattes devant ses bêtes…Qui l’ont dompté à leurs caprices.

Il est le patriarche du domaine et aime bien pavoiser devant ses invités sur ces réalisations ou sur le festin préparé par sa douce.

Il est fière et aime bien occuper sa place.
C’est notre TONTON !

Nous allons faire tout un VOYAGE en 2011 !

Tes nièces et neveux,

Les Nantel, Rouleau, Gagnon


PORTRAIT DE L'ÉCRIVEUX DE L'AVENIR (OPUS 70)

Il y a cinq ans, nous avions fait l’apologie des 65 années de vie de Louis…Souvenons-nous des différents traits de caractère énoncés : brillant, fait réagir, théâtral, gentleman farmer, grand patriote, connaisseur en vin, volubile à ses heures, administrateur…

En ce 70e anniversaire, nous dresserons un portrait de notre ami Louis, portrait relativement facile à faire puisque, de nature extravertie (en groupe), il se met facilement à nu. De ce fait, il semble au-dessus de tout mais sans l’apport de Noëlla, il pourrait être vulnérable. Nous ne pouvons donc parler de Louis sans penser à Noëlla, son ange tutélaire. Elle devient parfois son maître d’œuvre à certaines occasions et peut même jusqu’à l’admonester face à certains de ses agissements. Les activités fleurs et jardins lui sont une corvée annuelle qu’il accomplit sous l’habile direction de Noëlla qui doit par contre se garder de commencer à lui donner ses consignes par : Il faudrait que…

Nous ne voudrions en aucun cas faire une répétition du texte écrit il y a 5 ans. Aussi la question qui se pose donc pour nous est : Qu’a-t-il vraiment changé depuis ce temps?

Pourquoi est-il passé de un à quatre chiens aussi rapidement? Sûrement pas pour en faire l’élevage et vendre les chiots. Nous croyons qu’à défaut de s’affirmer au travail, puisqu’il est à la retraite, il affirme son autorité envers ses précieux chiens, qui lui obéissent au doigt et à l’œil et lui donnent inconditionnellement beaucoup d’attention. D'ailleurs, Thérèse a su profiter de son expertise en ce domaine pour apprivoiser Prunelle.

Polémiste intraitable, écrivain à la plume incisive, mais non sibylline, il aime bien répliquer à un éditorial, qui est contraire à sa pensée. Homme de pensée, de réflexion et de conviction, il possède les qualités d’un journaliste qu’il aurait pu devenir. Il tient des propos souvent dithyrambiques lorsqu’il aborde des sujets politiques et recherche l’authenticité. Ne lui parlez pas de ouï-dire. Il sursaute et se débat pour nous faire comprendre que le ouï-dire est nocif. Il demande de nommer nos sources qui doivent être crédibles.

Sa fidélité à l’émission Kiosque dénote chez lui un penchant à la pensée éclectique. Lecteur assidu du Devoir, il lève le nez sur La Presse qu’il juge trop fédéraliste.

Lors de nos repas trimestriels, on le retrouve à la fois sérieux et boute-en-train. Il va même, lorsque légèrement aviné, jusqu’à la pitrerie sans aller à la fadaise ou à la calembredaine. La galerie le stimule autant que le bon vin. Il aime se donner en spectacle et faire rire. Ses dons d’imitateur et son côté théâtral ne laissent personne indifférent.

Louis est un personnage aux multiples facettes. Tel un diamant finement ciselé, il a, au cours de son existence, subi de nombreuses influences. En premier lieu de ses parents qu’il a tendrement aimés, de ses professeurs de l’école supérieure Saint-Stanislas (dont monsieur Laprotte) qu’il a admirés, de son grand amour, sa douce Noëlla qu’il a adulée, de ses fils Louis-Georges, Stéphane et Jean-François qu’il affectionne particulièrement.

Ses amis, ses compagnons de travail et ses connaissances qui ont jalonné le cours de son existence ont permis de façonner et de teinter la personnalité actuelle de Louis. Chacun et chacune peut retrouver en soi certaines caractéristiques de la propre personnalité de Louis.

Louis est un livre ouvert. Nous connaissons presque tout de sa vie personnelle, depuis son enfance à aujourd’hui. Tel un peintre de grand talent, il a su nous tracer des portraits saisissants de ses parents, de ses fils, de sa Noëlla et de quelques-uns de ses amis avec justesse, affection et grande sensibilité. Outre les mots dits, sa passion de l’écriture se manifeste maintenant dans ses portraits. Que de belles paroles, de beaux mots utilisés. Avec lui, la langue française prend tous ces galons de noblesse. Qu’il soit lu ou non, commenté ou non, il écrit. Il a d’ailleurs cité dans son blog cette phrase de Eugène Ionesco : « Il faut écrire pour soi, c’est ainsi que l’on peut arriver aux autres. »

Oui, nous sommes privilégiés de compter cet homme dépareillé parmi nos amis.
C’est aujourd’hui en ce jour d’anniversaire que nous prenons le temps de lui dire qu’il a du talent, de la détermination et surtout de profondes convictions.

Mon cher Louis nous te souhaitons de beaux projets et de belles réalisations pour les trente prochaines années, accompagné de ceux que tu aimes.

Tes amis de l’arrondissement de Montréal-Nord de la grande ville de Montréal.

Thérèse Giroux, Francine Prieur, Pierre Courteau, Michelle Lavigne, Richard Presseau


À TOUS CEUX QUI PENSAIENT TOUT CONNAÎTRE SUR NOTRE AMI LOUIS, DÉTROMPEZ-VOUS! VOICI LA VRAIE HISTOIRE.

Vous l’avez peut-être fréquenté en tant que membre des familles Lacasse et Cousineau ou encore en tant que compagnon de voyage.
Vous avez peut-être partagé ses expériences d’horticulteur et d’arboriculteur ou encore de cultivateur et bucheron ou bien comme éleveur et propriétaire d’un chenil clandestin.
Vous avez peut-être subi les foudres de sa plume ou été forcé de lire ses textes.
Mais que savez-vous de sa jeunesse, de sa rencontre avec sa douce, de ses premières expériences comme campeur, ou comme maître piscinier. Connaissiez-vous ses talents de musicien, de gambler, d’entremetteur, d’homme d’affaires et j’en passe?
Par cette édition spéciale du « journal jaune », les membres de sa « gang » d’amis vous feront probablement découvrir d’autres aspects de la personnalité de notre ami Louis. Les auteurs de ces textes peuvent se targuer de parler en connaissance de cause car tous le connaisse depuis plus de 50 ans et au moins un depuis plus de 60 ans.
Toutefois, afin de nous éviter des poursuites judiciaires, nous avons préféré biffer certains textes compromettants. D’ailleurs, les articles publiés dans cette édition spéciale sont sous la responsabilité exclusive et entière de leurs auteurs respectifs; solidarité oblige.

Bon 70e anniversaire Louis.

LE GAG :

Gilles Léveillé, Jean-Pierre Lefebvre, Édouard Gervais
Guy Leduc, Jean-Claude Frèreault

L'ENFANCE (Gilles Léveillé)

La musique

Notre ami Louis est né d’un père pianiste et d’une mère à la voix bien campée. C’est pourquoi la musique aura, dès son jeune âge, beaucoup d’importance pour lui. Le fait que son père jouait devant public le rendait très fier mais ce qui l’a surtout marqué, c’est la retentissante mélodie de l’appel de sa mère à venir souper: «Loui e..e..eee!!!» Et le p’tit gars, croyez-le, rentrait à la maison!
Très vite, donc, Louis voudra démontrer qu’il avait de la corde vocale lui aussi. Une voix profonde, rocailleuse, colorée, toute inspirée de son idole chanteur de jazz de réputation mondiale, un autre Louis, comme par hasard!, le célèbre Louis Armstrong. Certains, peu généreux, diront qu’il tentait d’imiter le grand jazzman mais, en vérité, c’est plutôt notre ami Louis qui était ...inimitable dans ses prestations sonores!
Plus encore que le chant, ce qui a marqué la carrière musicale de Louis dans ses jeunes années fut sans contredit ses prestations de «drummer» dans les «partys» et son rôle de «tambour soliste» dans le corps de clairons et de tambours de l’ÉSSS (École secondaire Saint-Stanislas). Ah, il fallait le voir rouler les baguettes lors des parades dans les rues du quartier! Tout le monde était impressionné!

Les p’tites vues

Les premiers pas de Louis dans le champ de la culture ne se limitent pas à la musique. Notre ami sera, en effet, dès son berceau ou presque, un fervent amateur de cinéma. Cela, on l’a bien vu par sa fréquentation assidue, les samedis, de la salle paroissiale Saint-Stanislas, rue Laurier.
Parmi les grandes oeuvres du 7e art qu’il a appréciées, en fin connaisseur qu’il était déjà, il y aura, au tout premier plan, bien sûr, les films de cowboys de Roy Rogers et ceux des célèbres comiques américains Laurel et Hardy. À ce propos, les critiques ne s’entendent pas encore à savoir si Louis, aujourd’hui, est davantage Laurel que Hardy dans ses certaines de ses interventions.
Parmi les films vus à l’époque, il ne faudrait pas oublier non plus ceux des célèbres frères Marx, Groucho, Chico et Harpo, de qui notre ami aimait s’inspirer pour certaines de ses pitreries. Soulignons ici que ce sera le seul, oui vraiment le seul, moment de sa vie où Louis aura flirté avec le marxisme! Depuis, on l’a bien vu, la philosophie patronale s’est implantée solidement chez lui...

Les premiers pas d’un rédacteur

Ce n’est pas d’hier que Louis déploie son talent de rédacteur. Déjà, alors que la ruelle et les fonds de cours étaient encore ses seuls terrains de jeu, notre ami, qui devait avoir alors 12 ou 13 ans, rédigeait des potins et des petites nouvelles sur ce que faisaient ses copains et les gens du voisinage. Et bientôt vint le jour où, en équipe avec deux ou trois jeunes «intellectuels» comme lui, il entreprit de lancer rien de moins qu’un journal de rue: «Le lien». Louis et ses amis étaient ainsi devenus éditeurs
Les textes étaient écrits à la main sur des feuilles qu’on imprimait ensuite sur stencils. De la haute technologie quoi! Mais il fallait des sous pour payer l’encre, le papier et les stencils. Un département de publicité fut donc mis sur pied et les commerçants et notables du coin sollicités pour prendre des annonces! La vente du journal se faisait auprès des voisins et des parents. C’est ainsi que notre homme fit ses premiers pas en affaires!
Quelques années plus tard, à l’école secondaire Saint-Stanislas, Louis relança avec éclat sa carrière de journaliste, avec sa chronique «Sur le front local», publiée avec une régularité exemplaire, toutes les semaines dans «Le chez-nous», le journal de l’école, sous la signature de «Ti-Wi». En toute objectivité, n’en doutez pas, il en profitait pour taquiner ses amis, philosopher et rapporter les hauts faits de l’activité scolaire. Parfois, oh rarement, il se laissait aller à de gros mots comme «Syncope»!

L’organisateur

Le côté organisateur de Louis apparaîtra, aussi, très tôt dans sa vie, même si cette apparition, quel paradoxe!, se faisait souvent en cachette! Oui, c’est dans un hangar peu éclairé de la ruelle de la rue Laurier que se donnaient rendez-vous les p’tits gars du coin. Qu’allaient-ils faire là, à l’insu de leurs parents? Tout simplement, s’adonner aux loisirs, euh...disons, les plus audacieux de leur âge...comme parler des filles ou, ce qui était presqu’aussi excitant, échanger des cartes de joueurs de hockey! D’autres, cependant, s’initiaient à des pratiques plus délinquantes, carrément interdites par leurs parents, comme, par exemple, fumer des cigarettes.
Certains d’entre vous, traumatisés par les maux de notre époque, penseront peut-être qu’il se fumait là, aussi, dans ce sombre hangar de chez Louis, quelque chose de bien plus illicite que du vulgaire tabac. Eh bien oui!...ils ont raison. On y fumait...oui, c’est vrai, on y fumait...de la barbe d’épis de blé d’Inde! Ce devait être, assurément, que la marijuana n’était pas encore inventée!
Mais, peu importe l’herbe que l’on fumait, ce qu’il faut retenir c’est ceci: c’est Louis qui avait, par son art du ralliement, attiré dans son hangar toute cette marmaille avide de plaisirs. Cette qualité de rassembleur de notre ami se manifestera tout au long de sa TRÈS TRÈS longue vie et sera à l’origine, assurément, de cette formule de rencontres, planifiées et cédulées, de vieux «chums», qu’on appelle le Gag.

Louis, nous tes amis, nous te devons beaucoup, énormément même. Tu nous as grandement aidés à être plus accueillants, ouverts et généreux envers les autres. S’il fallait désigner un modèle de l’amitié, tous les regards se tourneraient certainement vers toi. Laisse-moi te dire toute mon estime et toute ma reconnaissance.

LA TRANSITION VERS LA VIE PROFESSIONNELLE -

LOUIS S'ÉCLATE AVEC LES AMAC (Édouard Gervais)

Et puis vint le moment de quitter l’école secondaire (l’ESSS). Pour la suite de sa formation Louis opta pour les Hautes Études Commerciales mais…. pas facile de tourner le dos à son adolescence, aux amitiés de ses 14-17 ans, à un monde dynamique et riche en valeurs. Pas facile de quitter un milieu dans lequel les talents de tout et chacun pouvaient se développer et s’exprimer dans une multitude d’activités. Louis s’y était engagé à fond de train comme tambourineur dans le corps de musique, comme membre de l’action catholique, comme chroniqueur du journal de l’école, etc. Encore un cordon ombilical à couper mais cette fois il prendra plus de temps.

Alors, à la suggestion et sous la direction de Jean Laprote f.i.c. (Le frère François), Louis et ses copains de l’Action Catholique retrouvent des anciens de l’action catholique de l’ESSS dans un truc pas reposant du tout les AMAC … (Ancien Militant de l’Action Catholique). Entre autres, Louis y rallie certains de ses complices d’aujourd’hui Édouard, Gilles et Guy dans un tourbillon d’activités ou s’entremêlent spiritualité, bénévolat, activités sociales, week-end entre copains, sketches, chants, sorties spectacles et théâtre etc. Louis est dans son élément et s’y illustre avec ses talents de communicateur, de chroniqueur, de comédien et de musicien. Entre autres il fut l’éditeur du journal des AMAC et y rédigea la cinquième colonne, de plus, il est de toutes les soirées récréatives organisées par les AMAC et à ce titre il fit partie du célèbre groupe « Les five nuts ».

Une participation au AMAC représentait une tonne d’activités en plus des études universitaires. On ne s’ennuyait pas. La vie était belle et nous partagions notre joie de vivre de bien des façons; par exemple par l’organisation d’une journée de sortie (genre grand- frère) pour orphelin à l’occasion de la parade du père Noël.

L’engagement politique et social est une constante chez Louis. Comme preuve, à la toute fin de ce document nous y reproduisons un de ses textes publiés en éditorial dans le journal AMAC vol III no.10 en 1959.

En septembre 1959, le mouvement AMAC perdait son cœur; Jean Laprote s’en va à Rome pour un séjour d’étude. Dans la foulée, en décembre 1959 les AMAC, après une longue période de réflexion, rejoignent le mouvement diocésain d’Action Catholique et deviennent JICiste (Jeunesse Indépendante Catholique). La participation des anciens AMAC à la JIC fut de courte durée; la culture était trop différente et Jean n’était plus là pour remplir le rôle de guide et inspirer l’action des AMAC. Louis et ses copains devaient passer à autre chose.

Les AMAC ont été une formidable étape dans notre formation. Nous y avons façonné notre caractère, consolidé nos valeurs, développé nos talents et nourri des amitiés qui ont été au cœur de notre vie.

Un grand merci à Louis pour le privilège et la qualité de son amitié.

C'EST LA FAUTE À MA GRAND'MÈRE...C'EST LA FAUTE À MON GRAND'PÈRE! (Guy Leduc)

Cette chanson, on pourrait l’appliquer à la rencontre de Louis et de Noëlla. Le tout a commencé par la venue à Montréal, de sa sœur aînée Béatrice. C’est en effet chez elle que son autre sœur Marthe est venue habiter lorsqu’elle a quitté Saint-Lambert de Lévis pour trouver du travail dans la grande ville. Saint-Lambert, c’est un peu plus loin que la banlieue sud de Québec mais ce n’est pas encore la Beauce selon les Lacasse. C’est quelque chose comme…le meilleur des deux mondes.

Les Lacasse arrivent en ville

Mais, à ce stade, l’implication des sœurs Lacasse dans cette rencontre n’en était qu’à l’état embryonnaire. Ça se précise un peu plus lorsque Estelle, une autre sœur, vient à son tour trouver du travail dans la Métropole. Pour suivre l’exemple de ses aînées, elle s’installe à son tour chez Marthe, maintenant mariée à Eugène Nantel et qui habitue rue Chabot.

Eugène a de grandes ambitions, tant professionnelles que familiales. En plus de son emploi régulier comme pompier à Montréal, il cumule un deuxième emploi au sein de la Cie EXCEL, grossiste en variétés. C’est donc via Eugène…ce cher Eugène, qu’Estelle occupera un emploi au sein de l’entreprise familiale des Leduc. Soit dit en passant, Estelle maria mon frère Gilles en Avril’71, établissant par le fait même un lien de parenté entre les Lacasse et les Leduc.

Noëlla devient une amie de Margot

Vous voyez, ça se précise un peu, mon cher Watson, car quelques années plus tard la famille Lacasse laisse la terre familiale à Saint-Lambert pour venir s’établir à Montréal. C’est ainsi que Noëlla fait la connaissance de Margot à l’école l’Assomption, coin Christophe-Colomb et Bellechasse. Après leur secondaire, les deux comparses poursuivront leurs études à l’École Normale Cardinal-Léger et c’est à cet endroit que se formera, avec leur amie Francine, le groupe des Mousquetaires. C’est aussi dans ces années là que les deux amies font un pari de $100.00 à savoir laquelle des deux sera mariée la première.

Margot et Guy se fréquentent

C’est en 1957 que je fais la connaissance de Margot. En période hivernale, il m’arrive souvent de monter dans l’nord pour faire du ski avec Estelle et son frère Méo. C’est alors que Noëlla se découvre une passion pour les grandes pentes enneigées et elle y invite Margot pour se joindre au groupe un de ces beaux dimanches alors que nous allions skier au Mont-Chanteclerc. Toutefois, les deux complices avaient décidées d’y patiner et de se concentrer sur le ski de chalet. Mais notre trio avait alors la réputation d’ouvrir et fermer les pistes, ça ne laissait pas beaucoup de temps pour les présentations et la jasette. Vous aurez deviné que nous avons eu l’occasion de nous reprendre par la suite…depuis 52 ans maintenant. C’est donc Noëlla, avec la complicité de sa sœur Estelle, qui a été l’entremetteuse entre Margot et moi. Et pour être certaines de leur coup, Noëlla invite Margot à une partie de sucre et Estelle en fait autant auprès de moi-même.

Guy fait la connaissance de Louis.

Pendant ce temps, notre Louis national fréquente l’école Secondaire Saint-Stanislas (ÉSSS) en face du parc Laurier. Entre autres activités parascolaires, Louis participe à la rédaction du journal de l’école, le Chez Nous et fait partie de la JEC. C’est donc en 1957 que j’ai connu notre ami Louis car je m’étais également inscrit à ces deux mêmes organisations. Étant beaucoup plus jeune que lui, j’arrivais donc en 11e à St-Stan, après avoir fait un petit détour d’un an par le snob Mont-Saint-Louis, alors que lui, était finissant, tout comme ses comparses Gervais, Léveillé et Lefebvre.

La rencontre de Noëlla et Louis

Après le secondaire, nos vies auraient pu ne jamais se croiser à nouveau. Mais c’était sans compter sur une organisation fondée par notre « ami-prof-animateur », Jean Laprote, alors dit Frère François, qui réunissait les Anciens Militants de l’Action Catholique de l’école, familièrement appelée AMAC. En 1959, j’avais pris la relève d’André Ouellette en tant qu’organisateur d’un groupe de jeunes de Montréal qui se rendaient en train pour participer au Tridium Pascal chez les Dominicains à Ottawa. J’avais alors demandé à Margot d’y participer. Ne voulant pas être seule de fille, elle décide d’inviter les autres membres de son groupe de Mousquetaires.

C’est donc officiellement en mars ‘59, à Ottawa, que Margot et moi avons joué les entremetteurs à notre tour, en quelque sorte, permettant ainsi à nos deux amis respectifs de faire connaissance. La suite…et bien la suite…chacun de nous en connaît de bons bouts n’est-ce pas. Entre autre le fait que quelques années plus tard, un 14 juillet 1962, Noëlla perdait son pari au profit de Margot et lui versa la somme de 100$. Mais Noëlla n’a pas été trop perdante car son amie Margot lui remis 99$ le 1er septembre lorsqu’elle épousa son prince charmant quelques mois plus tard.

La rue Renoir

En se mariant, Margot et moi nous sommes établis dans la grande ville alors que Noëlla et Louis décidèrent d’habiter la presque campagne de Montréal-Nord, à quelques rues d’où j’avais grandi. C’est durant ces trois premières années de mariage que chacun des deux couples verront la naissance de leurs deux premiers enfants. Les logements devenant un peu à l’étroit, nous avions alors décidé d’acheter chacun une propriété. Après avoir visité séparément des chantiers de construction, nous avons décidé d’aller en visiter ensemble par un beau dimanche d’automne. C’est ainsi qu’en avril ’65, chacune de nos deux familles prirent possession de leur côté respectif de deux duplex semi détachés. Notre ami Jean-Pierre a même décidé de s’établir dans le même complexe avec sa petite famille, en devenant le locataire de Noëlla et Louis. Chacune des familles y verra naître leur 3e enfant.
Avec nos locataires, ça faisait une marmaille de quatorze enfants dans les quatre logis. Une vraie maternelle quoi! Ainsi, durant plus de 20 ans, nous nous sommes partagés: piscine, patinoire, tondeuses, une multitude d’outils et même un mur mitoyen et une entrée de garage. Même Jean-Claude, un de mes amis d’enfance, s’est mis de la partie dans ces partages lorsqu’il devint notre deuxième voisin, l’année suivante sur la rue Renoir à Montréal-Nord.

Ami…de justesse

Je pourrais dire que nous nous sommes connus de justesse et il aurait bien pu arriver que tu ne puisses jamais faire la connaissance de Noëlla et chacune de nos vies auraient alors suivi des routes bien différentes. Après ma 10e au Mont-St-Louis, je me suis retrouvé à « St-Stan », en 1956-57, presque par hazard, pour faire ma 11e alors que vous, les vieux (Léveillé, Cousineau, Gervais et Lefebvre) étiez déjà finissants. Par chance, il y avait le parascolaire pour nous réunir. C’est donc au sein des organismes tel le Journal et l’Action Catholique et par la suite les AMAC que nous avons eu l’occasion de collaborer et de nous connaître.

Louis…une chance qu’on ça

C’aurait été très dommage que nos routes ne se croisent jamais. J’ai toujours apprécié ton amitié, autant comme ami que durant toutes les années où tu habitais le 6392 avec Noëlla et la marmaille.
Je lève mon verre de blanc (Québérac ou Manoir St-David) et je te dis: longue vie à notre amitié !

Organigramme…ou lignée

Béatrice, Marthe, Eugène, Estelle, Noëlla, Margot, Guy et un peu…de Jean
.



RUE RENOIR (Jean-Claude Frèreault)

Je suis arrivé sur la rue Renoir un an après les Cousineau et les Leduc mais déjà Louis avait fait sa marque communautaire : tondeuse communautaire, piscine communautaire, tente communautaire

La tondeuse communautaire

La tondeuse communautaire était une idée de Guy mais elle fut rapidement partagée par Louis. Ce dernier y voyait une économie : en réduisant l’investissement au minimum et surtout une économie de temps d’entretien de la machine. Car sous le prétexte de ne rien connaître en mécanique, il laissait aux autres partenaires le soin de faire le nécessaire pour que la dite tondeuse fonctionne correctement.
Il a bien changé depuis ce temps car aujourd’hui il a acheté un grand nombre de machines outils qu’il opère et entretient minutieusement. A voir le nombre de tracteurs, de tondeuses, de débroussailleuses, de scies à chaine et autres machines qu’il possède maintenant, on se croirait chez un vrai cultivateur.
L’aspect communautaire est resté : il est prêt à prêter ses outils à la condition que vous lui fassiez quelques petits travaux qui, par hasard, attendaient justement votre visite. Il a même un V.T.T. qu’il daigne me permettre de conduire à la condition que je fasse disparaître le tas de pierre qu’il a fait livrer chez lui quelques jours plus tôt. En fait il est comme le boss d’Yvon Deschamps qui demande à son employé de monter dans le Nord pour couper le gazon à son chalet. Lorsque nous travaillons avec ses outils, il nous fait sentir heureux d’être son ami. ( Louis, les BOSS qu’eusse ça donne?)

La piscine communautaire

Le maître piscinier avant son temps. C’est chez les Cousineau que la première piscine de la rue Renoir arriva! Ce fut tout un évènement dans la petite communauté que nous formions. Pour une piscine de 24 pieds de diamètre nous nous y retrouvions souvent les enfants et les adultes ensemble faisant souvent beaucoup de charivaris ce qui faisait déborder l’eau et rendait les bords un peu boueux. Ces grands débordements faisaient en sorte de déstabiliser la concentration des différents ingrédients chimiques de l’eau.
Qu’à cela ne tienne, LE MAÎTRE PISCINIER sortait son attirail. Après de nombreuses lectures de tests, Louis en venait à la conclusion qu’il devait utiliser un nouveau produit chimique afin de contrecarrer les symptômes d’eau brouillée , d’eau avec trop d’algue, avec des algues vertes, pas assez ou trop de chlore, d’eau qui tourne au vert, au jaune ou au brun, et quoi d’autre encore…
Enfin sa réputation de MAÎTRE PISCINIER a traversé les océans de telle sorte qu’Alain (son neveu préféré ) lui a demandé de se rendre au château pour surveiller l’évolution du projet piscine à Salaines!

Tente communautaire

Il est bien connu que Louis adore le camping. Suite à l’une de ses nombreuses sorties en plein air, l’idée germa d’aller se prélasser au bord de la mer au Pin Haven Campground pendant quelques semaines. Il y avait un HIC, il lui manquait un équipement de base : la tente! Louis me faisant part de son projet de bord de mer et des bienfaits que la famille en retirerait, je n’ai pu faire autrement que de lui proposer d’utiliser ma tente familiale (une Simoune 5 places) bien connue de Margot et Guy. Mise à part la tente, il lui fallait le poêle au propane, l’étagère pour le poêle, la bonbonne de gaz, la vaisselle, les instruments de cuisine, les chaudrons etc…
Pour Louis, tout cet équipement devait venir avec le mode d’utilisation!
Alors pour s’en sortir Guy et moi avons mis sur pied un plan…
Premièrement étape: Guy partait une semaine à l’avance pour préparer les campeurs à la venue de notre SUPER CAMPEUR.
La deuxième étape était de « paqueter » la voiture de Louis de tout l’équipement de camping nécessaire à un séjour d’une semaine. Comme d’habitude, j’ai « paqueté » et il m’a regardé faire en me questionnant sur l’utilisation de chaque article que je mettais dans sa voiture. Il semblait se dire : « Qu’est-ce que je vais faire avec tout ce matérie? Où sont les livrets d’instructions? » Si je n’avais pas su que Guy l’attendait au camping, j’aurais été très inquiet moi aussi! Enfin il a fini par partir tôt un matin en direction du New-Jersey. Ce qui s’est passé lorsque que la famille Cousineau est arrivé au camping je n’en sais trop rien. Il y a eu plusieurs échos qui sont parvenus à la rue Renoir mais je ne m’en souviens pas.
Ce qui me revient à la mémoire est l’expérience de retour. Après que Guy eut aidé à « paqueter » la voiture de Louis avec l’équipement de camping, la caravane s’est mise en branle pour le Québec. Arrivés au premier poste de péage, Louis demande à Noëlla où elle avait mis son porte-monnaie. Alors, panique à bord de la voiture…. Le dit porte-monnaie est introuvable.
Au bout de quelques minutes qui ont dû paraître des heures, après avoir retourné tous les bagages dans tous les sens, l’article recherché a été trouvé enroulé dans la tente sur le toit de la voiture. L’histoire ne dit pas si le voyage dans le sud en CAMPING a été répété à plusieurs reprises.

Suite et fin

Je connais Louis depuis 50 ans. Il y aurait à raconter tellement d’anecdotes qu’un livre de plus de 600 pages ne serait pas suffisant.
J’aime mon ami Louis parce qu’il est sensible, émotif et attentif aux autres. Il est généreux de son temps lorsque les grosses tempêtes se lèvent et qu’un phare est nécessaire pour éviter les écueils.

Il aime les débats et surtout l’émission KIOSQUE. Il est un grand défenseur et ami des chiens et des chats. Il aime les musiques de tous genres. Il est aussi capable de tenir sa langue même s’il trouve ça très, très, très difficile…

JE T’AIME LOUIS PARCE QUE TU ES AUTHETIQUE. IL N’Y EN A PAS DEUX COMME TOI.MERCI DE NOURRIR NOTRE AMITIÉ !

L'HOMME AUX MILLE CHAPEAUX (Jean-Pierre Lefebvre)

Une connaissance

D’abord à l’école primaire St-Stanislas en 8e année de 1952 à 1953 et de la 10e année à la 12e année secondaire de 1954-1957 à L’ESSS. Durant cette époque, nous demeurons presque dans le même arrondissement et je le croise régulièrement mais je le connais surtout pour ses nombreux articles dans le journal « Le chez nous » où il fait ses débuts dans le monde journalistique dans le but lointain d’acquérir un jour un journal digne de ce nom dont possiblement « Le Devoir ». Hélas, la vie en décidera autrement, même si plus tard il aura l’insigne honneur d’être publié dans ledit journal.

Un écrivain

Toutefois à un âge passablement avancé, la vie l’ayant mené dans des eaux différentes, il décide de fonder son propre journal appelé « Blog ». Il se défoule alors sans vergogne en écrivant avec éloquence et enthousiasme l’apologie des gens de son entourage immédiat. Comme son entourage est plutôt peuplé et que ce qu’il écrit est fort agréable, il est permis de croire que ledit journal est voué à une longue vie à tout le moins aussi longue que celle de son créateur, ce que je nous souhaite sincèrement.

Un futur bachelier de HEC

Nous entrons tous les deux aux HEC en 1957, lui dans le but de parfaire ses connaissances en sciences sociales et économiques, moi dans le but de devenir expert comptable. Nous sommes d’ores et déjà dissemblable mais complémentaire. L’échange de bons procédés débute par une aide de ma part dans ses travaux en comptabilité qu’il exècre et lui me permet d’être moins rébarbatif à la langue de Shakespeare qu’il manie avec brio, héritage de sa chère maman.

Un joueur de cartes

Une partie de nos temps libres nous permet de nous familiariser avec le goût du risque en nous initiant aux cartes à jouer où chacun aura l’occasion de développer ses talents de « Poker face », expérience qui nous mènera éventuellement à des jeux plus risqués comme de se lancer en affaires. Mais n’anticipons pas.

Un musicien

Ayant hérité en partie des talents de musicien de son père, il fonde un groupe nommé « Le El Combo » (ou était-ce « Le Hell Combo ? Je n’en suis plus très sûr. Enfin…) et nous invite à un party d’étudiants où il nous démontre ses talents incontestables de batteur et de chanteur. Je pense d’ailleurs que c’est à cette occasion que fut créée la chanson « Tea for two cha cha » version améliorée qui va comme suit : tea for two, and two for tea, pis toé pis moé, on va s’aimer à mort baby…

Un amoureux et un entremetteur

Il rencontre au début des années 60 une jeune femme belle et bonne. Ce sera le coup de foudre. Toujours aussi généreux que d’habitude, sa dulcinée ayant une amie de fille du même âge qu’elle, il décide de me la présenter. La magie opère et nous nous retrouvons mariés tous les deux quelques temps plus tard, lui avec sa belle et moi avec l’amie.

Un frère

En 1963, ce qui devait arriver, arriva et nous nous sommes tous les deux devenus père. Les enfants ont grandi et se sont mis à nous appeler réciproquement oncle Louis ou oncle Jean-Pierre comme c’était la mode à cette époque, ce qui fit de nous des frères d’adoption en quelque sorte.

Un propriétaire

Pour loger sa progéniture, il envisage d’acquérir un duplex rue Renoir à Montréal- Nord. Un placement risqué pensait-il. D’autant plus que la somme payée comptant n’était pas très élévée ce qui amenait forcément des mensualités d’hypothèque plus élevées. Qu’à cela ne tienne, il réduirait le risque, se dit-il, en louant le deuxième étage à une personne en qui il avait entièrement confiance, en l’occurrence moi. C’est ainsi que nous pouvons presque dire que nous avons partagé, à peu de chose près, le même toit pendant quelques années.

Un associé

Durant cette période où nous vivions à proximité l’un et l’autre, nous avions envisagé à quelques reprises la possibilité de partir en affaires. Finalement, nous nous sommes associés et avons créé la Société Val-Nor Enr. Dans cette entreprise gérée en dilettante puisque nous avions conservé nos emplois réciproques, les initiatives diverses se sont succédées : fabrication d’un abri temporaire contre la neige qui nous a donné froid dans le dos par moments, publication sur cassettes d’un cours sur « l’enseignement du français à l’école élémentaire ». (rien de moins,mon cher Watson…), publication sur disque d’un document écrit par un sexologue de renom (aussi étonnant que cela puisse paraître, ce dernier a eu un certain succès et nous a permis de parfaire nos connaissances en la matière et de contribuer à ce que l’on a appelé la révolution très tranquille en ce qui nous concerne), fabrication d’un jeu nommé Fuzz qui nous a bien fait « fuzzer » même si nous n’étions pas sous l’acide et plusieurs autres. Cette entreprise nous a permis de nous enrichir… de nombreuses expériences plus ou moins traumatisantes mais sommes toutes très intéressantes.

Un conseiller en gestion

Cette première expérience comme associé d’affaires nous a permis de réaliser que nous pourrions fort bien entreprendre quelque chose de plus sérieux dans nos sphères de compétences respectives et nous avons eu l’occasion de mettre ce projet en marche en nous associant à nouveau en 1969.
J’étais, à l’époque, co-propriétaire avec deux autres experts comptables d’une société de gestion- conseils ou de conseillers en management. Nous voulions développer le volet de la gestion des ressources humaines et nous voulions un associé expert dans ce domaine. Louis possédait cette compétence. Il a accepté de relever ce défi pendant les deux années qui ont suivi. Au moment de notre entente, la firme possédait un bureau à Québec où se concentrait la grande partie de nos contrats de consultation. Nous voulions diversifier notre clientèle et développer le secteur de la région de Montréal. La venue de Louis nous amena à ouvrir un bureau rue Jarry angle Pie IX, à Montréal. Nous devions donc, lui et moi, solliciter une nouvelle clientèle pour obtenir de nouveaux contrats, compléter les mandats obtenus, gérer le personnel, rentabiliser l’opération et aider nos associés de Québec à compléter leur tâche. Est-il utile de dire, que le tout n’était pas une mince tâche. Nous nous y sommes attaqués avec enthousiasme et avec toute l’énergie dont nous étions capables. Malgré l’ampleur, somme toute, je pense que nous avons bien réussi à relever ce défi et dans certains moments de lassitude grâce à l’humour de Louis nous nous remettions au travail semaine après semaine. Entre- autre faits d’humour de Louis, je me rappelle que certains matins, il arrivait au travail le dos courbé comme quelqu’un d’épuisé et à la blague, il psalmodiait lentement d’abord et plus rapidement ensuite, avec plus de vigueur, tout en redressant l’échine en harmonie avec la phrase suivante répétée plusieurs fois : I am a dynamic consultant…I am a dynamic consultant…etc, comme si cette rengaine lui donnait l’énergie nécessaire pour entreprendre une autre journée. Incroyablement, la thérapie semblait efficace puisque nous avons effectivement maintenu nos efforts pendant plus de deux ans avec succès.
Par la suite, nous avons tous les deux opté pour naviguer sous d’autres cieux, Louis a accepté le poste de directeur des ressources humaines et de conseiller du président auprès d’un des clients pour lequel il avait complété un mandat de consultation pour le compte de notre firme et moi, j’ai accepté un partenariat avec une autre firme de consultants spécialisés en planification financière et successorale.

Autres chapeaux…

Au moment de la rupture de nos relations professionnelles, d’aucun aurait pu croire qu’à l’instar de ce qui s’est produit avec nos autres associés, nos chemins ne se seraient plus recoupés.
Comme vous pouvez le constater ce ne fut pas le cas. Pourquoi? Parce que Louis porte toujours plusieurs chapeaux sur lesquels, hélas, je n’ai plus le temps de discourir mais il en est un qui est d’une constance extraordinaire et dont je me suis nourri pendant de nombreuses années, c’est le chapeau D’AMI SINCÈRE, CHALEUREUX, FIDÈLE et GÉNÉREUX et je l’écris en grosses lettres pour bien souligner l’importance de cet extraordinaire cadeau qu’il m’a offert, son amitié. Je me considère privilégié d’avoir pu partager ce long chemin que nous avons parcouru ensemble et je nous souhaite de nombreuses années encore à cheminer côte à côte. Mon cher Louis, merci pour ce cadeau, merci d’avoir été là, merci d’être là.
Joyeux 70e anniversaire.
Ton vieil ami qui t’aime

Bonne fête Louis!
née 17 juin 1939

15 juin 2009

BLOGUE À PART (un texte de Louis Cousineau)

)
Jusqu’à une époque récente, le temps était défini en référence aux phénomènes astronomiques : les habitants des différentes régions du globe observaient le mouvement des étoiles et des planètes et réglaient leurs horloges en conséquence. L’avènement des technologies de communication instantanée a toutefois engendré le besoin de mesurer le temps avec plus d’exactitude. On dit qu’aujourd’hui, les meilleures horloges atomiques ne retardent que d’une seconde tous les 30 millions d’année. À compter de cette année débute l’année des 70. Les membres de notre Groupe des Amis Gourmands, le GAG, commenceront à joindre la catégorie des septuagénaires. Oh ! Pour d’aucuns, ce sera très bientôt, pour d’autres, d’ici quelque temps et les autres devront atteindre quelques années. Il y en a un qui a rejoint cette noble étape le premier. Il fallait le souligner. Voici mon hommage,
BLOGUE À PART, voici :

L’AÎNÉ A SOIXANTE-DIX



FUGIT TEMPUS mais...




« Le tonneau a vieilli mais le vin coule toujours »




1939 : Le début de la grandeur ;

2009 : Le début du déclin

À 70 ans, commence, paraît-il, l’été indien de la vie. Pour Truchon dit Léveillé, c’est plutôt l’hiver d’un verglas effroyable. C’est la dernière étape d’un déclin commencé il y a longtemps : la vue, l’ouïe, la perte des cheveux forçant le port d’affreuses casquettes et un sens de plus en plus dégradé de l’organisation. Heureusement qu’il y a son agenda et son ordinateur qui lui indiquent occasionnellement la date et l’heure du jour de façon à le garder branché sur la réalité.
Méfiez-vous de ce regard limpide et doux et de ce sourire naïf. Derrière eux se planque, se dissimule un protecteur de la veuve et de l’orphelin disparus aux mains de la mafia. Méfiez-vous aussi de ses yeux qui cillent à peine même lorsqu’il est attaqué pour l’éparpillement des causes qu’il défend malgré le consensus ambiant. Je pense ici au monde de la construction dominé par la FTQ dont la toiture béait récemment de tous côtés et qu’il continue de défendre même s’il s’en trouve fâché, désolé, contrit. Devant de telles attaques encaissées par le monde syndical, on peut déceler, si on observe avec attention (et je l’épie constamment) l’amertume qui lui compose des traits boudeurs. À ce moment-là, tous les linéaments de son être se crispent, ne serait-ce qu’un instant, qu’une seconde. Puis, après que son visage ait mordoré, comme bronzé par un soleil trop brillant, tout revient comme si l’attaque ne l’aurait pas atteint. Sa capacité de faire face à l’adversité vient de son cheminement étudiant. Léveillé, faut le dire, est un économiste qui a mal tourné. Le sont-ils tous, je vous le demande ? Pis encore, il est un ingénieur incomplet. Je vous entends dire : « ils le sont tous ». Ça peut même arriver à un vieux scout viré politicien, à un presque curé muté en chanteur…de pomme âgé, même à un comique transformé en jeune scribouilleur.

Mais notre ami est vieux, comme dans « vieux schnock », comme dans « tasse-toé mononcle », comme dans « vieillard ». Ceux qui sont nés un 6 mai fournissent peut-être des réponses à vos questions existentielles à son sujet, mais j’en doute : Freud,
Valentino, Orson Welles, Camille Laurin et Tony Blair. Gilles un psy-tombeur-artisto-politicien-conservateur ? Il est trop complexe pour être résumé de cette façon.

Je suis certain c’est que sous sa coiffe de casquette maudite de Touareg, seuls ses yeux pétillants cernés de rides, marquant ses soixante-dix ans, trahissent sa passion : la bouffe. Pour Gilles, l’homme est bon, mais le veau est meilleur. Il affirme sans ambages qu’il est en faveur de l’augmentation du goût de la vie et qu’il préfère plutôt mourir du cholestérol que de faim. Il succombe goulûment devant un crabe soi-disant délectable, un fromage succulent ou un repas quêté chez des amis. Gilles ne connaît pas de limites devant un dessert qu’il dévore à faire honte à Gargantua !

Je suis toutefois convaincu que notre ami est un homme de paix, de joie de vivre et d’une nature presque primitive. Son bonheur est simple car loin de tout esprit de compétition. Sa décontraction, nimbée d’idéal presqu’impubère, le mène invariablement là où il sera heureux, même s’il n'est pas le premier, même s’il n’est pas pressé. L'important est de poursuivre ses projets avec opiniâtreté et constance sans être affecté par les embûches. Calme, doux et lent à la réflexion et à la décision, mais une fois cette décision prise, après des années de méditation, rien ni personne ne pourront jamais le faire changer d'avis. Gilles a horreur du changement mais une fois que ses choix sont faits, il est sur des rails !
Gilles est fidèle, constant, solide, patient, endurant, persévérant, fort, attaché, stable, régulier, loyal, constructif, tenace et lent…très lent… horriblement lent, d’une lenteur désespérante, accablante, caniculaire, assommante, déprimante, fatigante. Gilles est vieux, le plus vieux d’entre nous. Il eut des jours de grandeur, mais aujourd’hui, il est l’exemple du déclin qui nous arrivera à tous, beaucoup plus tard, il va sans dire. Certaines vérités doivent être dites. En voici quelques-unes.

Ø Gilles a su qu’il était vieux, quand il a constaté qu’il connaissait toutes les réponses mais que personne ne lui posait plus de questions ;
Ø Gilles a su qu’il était vieux, quand à son anniversaire, les bougies commençaient à coûter plus cher que le gâteau ;
Ø Gilles a su qu’il était vieux, quand il pouvait faire l’amour deux fois de suite. Une fois l’hiver, une fois l’été ;
Ø Gilles a su qu’il était vieux, quand il a découvert que tout son corps le faisait souffrir et que ce qui ne le faisait pas souffrir ne fonctionnait plus ;
Ø Gilles a su qu’il était vieux, quand le jour de son anniversaire, ses amis se rapprochaient du gâteau pour se réchauffer.

Gilles est tout cela. Pis encore, c’est comme ça que je l’aime, mon vieux chum.

Louis Cousineau
Une fantaisie présentée à Kingsbury, Québec
Le 19 avril 2009





30 mai 2009

PORTRAITS ET SOUVENANCES (Opus 23)
















LE MAÎTRE DE SEPT-ÎLES


"Les ajoncs éclatants, parure du granit, dorent l'âpre sommet que le couchant allume. Au loin, brillante encore par sa barre d'écume, la mer sans fin, commence où la terre finit" José de Hérédia





« Qu’il est difficile à percer, qu’il est difficile » chante (à un mot près) un autre Vigneault. C’est aussi ce que disait la Sorcière de Baie-Comeau. Telle une huître, il conserve jalousement ses secrets. Décrypter l’énigmatique Maître est un travail de moine. Découvrir et pénétrer le sens caché d’un personnage aussi secret, cabalistique, sibyllin, est un défi jubilatoire. Le portrait de ce disciple de Thémis comporte trois chapitres : Beauport, Sept-Îles et… Après.

LA DÉESSE THÉMIS

Pour mieux décoder le personnage, on doit en connaître davantage sur cette déesse nommée Thémis. On apprend qu’elle est la fille du Ciel et de la Terre ou d'Uranus et de Titée, et la sœur aînée de Saturne et tante de Jupiter. La fable dit qu'elle voulait garder sa virginité, mais que Jupiter la força de l'épouser et qu'il la rendit mère de trois filles, l'Équité, la Loi et la Paix.
Thémis est représentée dans l'art ancien tenant les plateaux d'une balance avec laquelle elle pèse les arguments des parties adverses. On voit déjà l’âme du plaideur à venir et ses qualités de raisonnement à toute épreuve !

LE BEAUPORTOIS







Il voit le jour à Limoilou, le vingt-neuf mai mille neuf cent…quecque. Déclarer son âge me vieillirait trop, je me garde donc « une p’tite gêne ». C’est à Beauport qu’il vit son enfance et son adolescence. On dit qu’il était doué et très jeune, sa propension à l’étude impressionne. Il a peut-être fréquenté l’Académie Ste-Marie de Beauport mais ce que l’Histoire retiendra ce sont ses accointances jésuitiques. Ses études classiques et universitaires le préparent donc à devenir le seul avocat de la famille !
Voyez comme l’Histoire façonne des hasards qui n’en sont peut-être pas. L'ancêtre des Vigneau, Paul, était un soldat de la marine, embarqué avec le régiment de Carignan sur le "La Paix". Ce voilier quitte La Rochelle le 13 mai 1665 en direction de Québec; l’ancêtre s’installe à L'Île d'Orléans en 1669. Quelques trois cents ans plus tard, le père d’Yvan, Lucien, sera Capitaine et naviguera plusieurs années de Québec à Blanc-Sablon. Plus tard, son fils s’inscrit dans la Marine de réserve canadienne. Son épisode militaire dure environ cinq ans et le marque pour la vie : discipline et simplicité. On pourrait attribuer à Yvan ce mot d’André Malraux : « Le monde aurait pu être simple comme le ciel et la mer ».

Quelque temps après avoir été reçu avocat, il prend épouse et le couple largue les amarres et vogue vers Sept-Îles. Les grands espaces, la mer et la découverte d’un coin de pays en développement exponentiel les attirent La qualité de vie devient leur leitmotiv.

LE SEPTILIEN







À 27 ans, tel un conquérant, il débarque dans ce vaste territoire de deux milles kilomètres carrés, séduit et stimulé par Grande Basque, Petite Basque, Corossol, Petite Boule, Grosse Boule, Manowin et îlets De Quen, les sept îles en question. Il a quitté Québec pour respirer la liberté et joindre les bâtisseurs d’une jeune ville en effervescence, « là où l’un des plus grands fleuves du monde se fait mer ». Il est charmé aussi par le climat, puisque Sept-Îles, m’a-t-on raconté, se classe au troisième rang parmi les villes les plus ensoleillées du Québec. Moi qui ai toujours cru que l’été, là-bas, c’était le 14 juillet. Je sais pourquoi maintenant : les plus hauts taux d’ensoleillement surviennent en janvier, février, avril et décembre. J’y suis toujours allé au mauvais moment!
C’est donc près de la mer que le couple s’installe, rue Franquelin, après avoir habité dans un appartement de la rue Régneau pendant deux années. Les enfants, Marie-Soleil, Alexandre et Jean-Simon y voient le jour mais, seule, l’aînée jette l’ancre dans son patelin de naissance, les autres émigrent, l’un, vers l’Ouest canadien et l’autre, à…Ste-Anne-des-Monts.
Choisissant le confort et les avantages de la magistrature, il décide de se fonctionnariser en devenant un agent public de la hiérarchie administrative où il joue les justiciers tels Batman et Superman pour sauver la veuve et l’orphelin. Ses jugements de Salomon sont devenus légendaires. Mais il vise plus haut encore et met sur pied un groupe de rencontres exclusivement constitué de mâles. Son objectif est sans doute de protéger les hommes contre le retour de la société matriarcale. Notre Yvan L’intrépide a aussi une conception particulière de l’agriculture et tente de l’appliquer à Anticosti. Pour simplifier, disons qu’il s’agit d’une ferme coopérative de produits biologiques « gérer » par un mystérieux (oui un autre…) personnage. Ce sera une nouvelle version de PPP, c’est-à-dire, PAYEZ-PROFITEZ-PÉTEZ AU FRET. Notre homme hésite puis finalement refuse le douteux partenariat.
Après trente-cinq années passées à Sept-Îles dont les dernières directement face à la mer, la rumeur coure qu’il louche du côté de Boucherville. C’est pourquoi, je ne peux en dire plus sur l’Après. Quant à l’homme…

L’ÉNIGMATIQUE







Tenter de cerner un tel sujet aussi énigmatique pose un challenge captivant L’homme ne babille pas et chaque mot semble avoir été sous-pesé, mesuré, analysé, avant même qu’il quitte la bouche. Plusieurs corollaires peuvent l’identifier : la discrétion, le calme et l’apparent contrôle de la situation. Son propos n’est jamais extravagant, ni cocasse. Quoiqu’il soit toujours aimable et gentil, il arrive qu’une réaction laisse poindre un humour décapant et un esprit gaulois. Travailleur acharné, son métier force la discipline et notre unique avocat, en attendant la retraite, ne peut se permettre de glandouiller. Il s’autorise cependant à partir pour réaliser épisodiquement quelques voyages oniriques avec sa douce.
Yvan est un être nimbé de chaleur et d’humanité, mais attention, il peut se défendre avec force de toute attaque qu’il jugera injuste. Ce conservateur aristocrate est un serviteur public, protecteur du citoyen. Il peut, occasionnellement agir comme s’il était au prétoir et son regard tétanisera celui qui ose le titiller. Pour mystifier l’interlocuteur jugé trop cynique il offrira son sourire le plus insolent. Sa sapience a, cependant, une limite et est mise en veille si l’ironie persiste.

Il porte toujours fièrement un couvre-chef à la Indiana Jones. Est-ce une toque, le faisant un épicurien jouissif de la saine bouffe ? Un bonnet, annonçant sa douceur de caractère ? Un panama, symbole de son désir d’aventure ? Rien de tout cela. Sa coiffe n’est là que pour protéger la racine de ce qu’il reste de ses rarissimes cheveux.

Mon neveu est un homme de mer. Son calme est redoutable et désarmant. On comprend pourquoi ses activités préférées sont le kayak et les randonnées en forêt. Comme Bécaud, chez lui, la solitude, ça n’existe pas. Ce Vigneault descend d’une solide souche basse-nord côtière. Il est curieux, habile, astucieux, diplomate (n’est-il pas Gémeaux?) et capable de trouver une solution à tous les problèmes…ou presque. Malin, il s'y emploiera parfois même avec ruse. Il est taquin et espiègle, pourvu d’un regard humoristique souvent impertinent. Sa vie affective le comble mais elle doit toujours lui laisser sa marge de liberté. Ces épithètes lui servent de murailles lui permettant de caviarder ses compartiments secrets. Bien sûr, ce que j’exprime l’est sous toute réserve, puisque le sujet de ma bluette est, faut-il le rappeler...ÉNIGMATIQUE

C’était hier, son anniversaire de naissance. Il a festoyé avec ceux qu’il aime, à Salaines, Crissé, France. Il a été, sans doute, reçu, avec tous les honneurs, par Madame le Maire, sa sœur bien-aimée et son beauf préféré…le seul d’ailleurs.

Bonne fête, Yvan, mon neveu, mon ami.

Louis Cousineau
Le 30 mai 2009