Le Blogue à part suivant a été réalisé, à mon insu, grâce à la complicité de Beth, ma belle-fille et Noëlla, ma douce. De subterfuges en astuces, ils ont réussit à pénétrer mon lieu d'écriture, pour y introduire les textes touchants qui suivent.
Louis Cousineau
Mon cher
Louis,
c’est à ton tour
de te faire
blogger
d’amour
PREMIÈRE PARTIE
D'UN TEXTE COLLECTIF
L'IMPLICATEUR
(tentative partiellle et partiale)
Père:
Auteur, géniteur, papa, pops, paternel, dabe, daron, vieux, aïeul, ancêtre, ascendant, chef, origine, patriache, souche, tige...
Il y a longtemps qu'il me connaît, bien avant que je n'aie acquis une conscience de moi.
Dans le défilé mémoriel, il y a des images qui fusent, aidées qu'elles sont du 8mm Bell & Howell,
et me projettent moi aussi dans le temps. Textures mouvantes remplies de sauts d'images et d'une chromatique jaunie de poils et de poussières des années soixantes et soixantes-dix. Que d'anniversaires, de gâteaux barbouilleux, de chandelles (intérieur nuit avec un gros spot chaud qui nous aveuglait), de cadeaux non écologiques, de barrouette de banlieue, de plan cuisine, de gros V8 station wagon, de masques en plastique, d'enfants en chapeaux, de guili-guilis (LA mimique de maman), de plages-camping, de neige tempêtante, de sable étatsunien, de panoramiques aux têtes parfois coupés ...c'est toi qui filmais; à la fois boulimique de faire du cinéma au quotidien et brouillon de passer à autre chose. Quant aux quelques séquences où l'on te voit, c'est souvent un jeu improvisé où tu te mets en scène! Que dire qu'il y a longtemps que tu fais un show ! Je me revois, entre autres, dans une prise où je suis au bout de tes bras flottant dans ta confiance près du plafond et loin du bois franc de l'appartement sur Jean-Meunier où tu devais sûrement m'endurcir aux peurs du vertige...
Aujourd'hui, à 40 X 1.75 ans, il est utile de rappeler quoique tu en atténues la teneur bien humblement (oui, oui), ta présence sur l'internet atteste de la vivacité intellectuelle qui te caractérise. Plus secrètement je crois, le blog sert aussi à déclarer ton affection et de faire un legs aux gens qui t'entourent en jonglant avec "l'art d'écrire à un degré étonnant" comme le dit ton vieux prof Jean. Voilà ta générosité induite de façon subtile dans les portraits dont tu attends parfois ardemment les réactions puisque les affiliations électives sont façonnées de cette exigence. Ton petit atelier de l'écrire libre nous dit que tu nous aimes d'abord, ensuite que; "J'ai peut-être tort, mais j'en doute!". C'est tout toi, mon père; les deux versants de l'égo; le centrique et l'altruiste ! Pour moi, c'est de l'énergie! Canalisée là où il faut et en mode économique.
Aujourd'hui, à 46 X 1.52176 ans, il est parfois assez drôle de te voir évoluer dans ton espace d'herbes, de fleurs, de plantes ("les hostas, ça m'épate!"), d'arbres ("câline, y a encore poussé c't'année!"), de piquets, de pierres, de roches, de blocs décoratifs ("y faut que j'en mette là") de gazon, de sentiers, de chaises disséminées un peu partout pour faire une pause, de tracteur à jardin, de quad, d'outils aratoires ("ti-lou, yé où mon sécateur?"), de panneaux dans le boisé (pour ne pas perdre le nord!) et d'inscriptions diverses indiquant direction et nominations célèbres, et, particulièrement lorsque tu es couché dans quelques plates-bandes pour faire une job de sol ou, visser une plaque électrique pour tes fameuses lumières...ou, pour travailler en se reposant...pas trop fort...juste assez ("m'a t'dire, ta mère 'est faite toffe!").
Parlant d'éclairage...vous ai-je déjà dit que si par malheur un avion subissait une avarie par temps noirci et qu'il soit obligé d'atterrir près de L'Avenir ou Durham-Sud, je suis sûr qu'il prendrait la Nichée pour une piste d'atterrissage!
Voilà ton envie d'être l'estivant de votre villégiature authentique et comme tu le dis souvent, d'avoir des projets et de les bien gérés. Même si tu râles un peu avec l'âge mûr (qui est aussi l`âge qui dort surtout vers 11h-11h30 le soir...), en comparant à l'aide de photos anciennes, je me rends à l'évidence; ton indice de masse corporelle est meilleur qu'avant! Peut-être est-ce aussi le fait de courir en tous sens.
Après tes chiens qui sont les bêtes les mieux dressées de toute la portion aveniroise du 8e rang! Ces mêmes chiens à propos desquels on ne sait trop si ce sont eux qui habitent chez vous ou bien, si c'est toi et maman qui habitez chez vos bêtes! Tu voues presque un culte à ces gardiens de la Nichée qui de loin en loin, a-t-on l'impression, qu'ils empruntent des tics et des tacs du maître humain...
c'est saint Roch et ses chiens qui, s'il dorlotte sa meute à la fois comme un ex-DRH et comme un papi(tu n'aimes pas ce mot, je sais) gâteux,"C'est que, faute de savoir ce qui est écrit là-haut, on ne sait ni ce qu'on veut ni ce qu'on fait, et qu'on suit sa fantaisie qu'on appelle raison, ou sa raison qui n'est souvent qu'une dangeureuse fantaisie qui tourne tantôt bien, tantôt mal." (D. Diderot, vers 1778).
Aujourd'hui, à 44 X 1.591 ans, tu es le même paternel dans les discussions avec certaines inclinations qui sont devenues tranchantes avec le temps. Mais, Il n'est chasse que de vieux chiens. À ce que je sache, c'était et c'est toujours de vive voix que tu t'incarnes le plus. Polémiquant sur les sujets de l'heure, tu affirmes ton idée (je dirai même que tu opinionnes-en-chef) hors des zones grises dont tu détestes parfois la teinte rose, si j'ose dire. Je me dis, à la vérité, que je suis fait de ce mortier pour au moins une part. Qui n'a pas goûté à tes tirades personnelles, à l'impétuosité de tes répliques, aux picossements des petits défauts de chacun, à l'étirement des sauces sur les manies de chacune mais aussi à l'intérêt que tu leur portes en déployant ton versant sentimental sous des couverts drapés d'humour. Un humour d'ailleurs, qui charme encore l'auteure de nos jours...par l'autodérision qui est une forme de questionnement sur soi autant que d'un modus vivendi pour appréhender le monde. Dans le parcours de chacun, toujours à l'affût des dernières nouvelles, tu as un mot, une pointe, un geste, un encouragement sans parler de l'importance d'un conseil que tu peux donner sur d'amples sujets; spécialement en tant que GO de voyages en France ou depuis la retraite, la gestion de "l'argeint"! Ce sens de l'humour et l'affection que tu nous manifestes, je les reçois depuis toujours de manière égalitaire avec mes frères et ça, c'est une leçon de vie que je retiens. Il y a chez toi un soucis de faire équitable dont j'ai toujours admiré la constance. Présence biologiquement équitable !!!
Aujourd'hui à 0.0361009 X 1939 ans, nous te saluons très particulièrement, un peu à ta manière; nous te cuisons sur diverses sources et de notre présence, puisses-tu en concocté encore la substantifique moëlle qui nous implique à toi. Pour ma part, je t'ai toujours dit que j'essaie de prendre le meilleur de ce que tu m'as donné à voir et comprendre. Je te dois beaucoup. Fait rare de nos jours, je peux affirmer que ma filiation obligée paternelle s'est transformée au fil des ans en privilège que j'honore de mon meilleur best. Profite et encaisse !!!
Louis-Georges
SOUVENIR AVEC MON PÈRE
1989 en Belgique
StéphaneROI DES CHIENS
2009 La Nichée
L oved by his friends, family, and especially by his beautiful wife
O ctogenarian, not yet, but has now seen eight decades of life.
U biquitous, perhaps almost omnipresent.
I nformative, kind, helpful, and intelligent.
S &P, TSX, Poppa Louis Ratio, concerning money he’s as sharp as a knife.
Louis, your name says it all.
Love you dearly,
Beth and Jean-FrançoisOPUS #70: UN MONONCLE EN OR
Afin de souligner cet important anniversaire, j’ai recherché comment définir cet oncle et j’ai trouvé plusieurs définitions:
Oncle : nom masculin qui vient du latin avunculus qui lui vient d’avus et qui veut dire aïeul. (C’est pas de ma faute, c’est la racine latine qui le dit!)
1- Larousse : Frère du père. Ici, je ne peux nier l’évidence des liens du sang. Eh oui, Louis est bien mon oncle! Mais au-delà de ces liens familiaux, j’ai plusieurs choses en commun avec lui mais j’en retiens deux en particulier: Écouter un ti-weswing et aimer aller à Salaines. Quel bonheur j’ai eu d’y passer une semaine en sa compagnie il y a deux ans.
2- Dictionnaire du XIXe : Mari de la tante. Vrai! Pour moi, l’oncle et la tante sont indissociables. Ils m’ont fait découvrir la campagne, le bois, les corvées en famille. Des gens avec qui les bons repas bien avinés sont toujours ponctués de discussions, d’échange et surtout de mes rires en réponse aux farces et grimaces de Louis. Un oncle et une tante qui me font une place spéciale et avec qui j’aime beaucoup passer du temps.
3- Mérimée en 1853 : Titre donné à un homme plus âgé que l'on s'interdit, par respect, d'appeler par son prénom, ou, en raison des liens d'affection, d'appeler monsieur. Pour ma part, je dis toujours Mononcle Louis! Un oncle qui taquine ceux qu’il aime. Et s’il me taquine comme il m’aime, il doit m’aimer énormément!
4- Autre dictionnaire du XIXe : Titre que les empereurs d'Allemagne donnaient aux électeurs ecclésiastiques de l'empire. Notre homme est engagé. Il écrit sur divers sujets, réfléchit au sujet de notre société, de sa classe politique, sa culture, sa langue. Il publie régulièrement ses pensées sur son blogue. Il a un esprit critique et parfois, il se révolte contre certains politiciens, journalistes, lecteurs de nouvelles, miss météo, publicités, émissions de télé… (je vais m’arrêter ici, on m’a demandé d’être brève quand même) Ce qu’il faut retenir, Louis est un passionné.
5- Feydeau en 1914 : Oncle à héritage. Oncle qui n'a pas de descendant direct et dont on recueillera l'héritage après sa mort. «Allons, ce n'est pas parce que je suis l'oncle à héritage!... Je ne suis pas encore mort, tu sauras!» Plutôt que de parler d’héritage, je préfère plutôt parler de souvenirs. Les plus vieux se sont déroulés sur la rue Renoir et au chalet de Sun Valley et les plus récents, à l’Avenir. Ce sont tous de bons souvenirs pour moi et je compte bien continuer de les accumuler.
Cette petite démonstration étymologique et lexicale a pour simple but de dire à quel point je l’aime, je l’admire et que je veux qu’il prenne soin de lui pour l’avoir encore longtemps près de moi. Bon anniversaire, mon oncle Louis.
Marie-Hélène
70 ANS DÉJÀ!
Oncle Louis
Voilà bien un âge assez vénérable pour porter le qualificatif de MON ONCLE.
Eh oui un petit oiseau est passé par chez-nous pour nous informer que mon oncle Louis, le mon oncle le plus original de la famille venait d’atteindre l’âge vénérable de 70 ans.
T’en fais pas on dit que la sagesse vient avec l’âge. Dans ton cas cette sagesse ne devrait pas t’atteindre avant encore au moins une bonne dizaine d’années. C’est donc dire que tu as le cœur très jeune et l’esprit encore plus alerte.
Pour toi les années ne comptent pas étant donné ton grand sens de l’humour et ta facilité à tirer la pipe à tout ceux qui te côtoient.
Nous te souhaitons un très joyeux anniversaire et tout le bonheur possible pour l’année à venir.
Ton neveu et ta nièce
Donald et Odette
P.S. Ah oui j’oubliais, moi, la sorcière de Baie-Comeau, j’ai consulté mes cartes et comme je sais que tu y crois vraiment je peux te rassurer, l’année de tes 70 ans sera bonne et prospère.
QUOI DIRE DE NOTRE TONTON DE L'AVENIR!
Qu’il a relevé un gros défi en s’installant à la campagne. Au début la ressemblance avec M. Douglas des arpents verts est frappante. Que d’aventures surprenantes pour lui dans ce nouveau décor autant que la comédie.
En bon gestionnaire de ressources humaines, il aime bien déléguer mais surveille étroitement les coûts de production. Parfois les estimations dépassent à la hausse, ce qui lui cause des palpitations. Plusieurs années de chantiers, afin de donner une âme à son paradis. Il jongle avec le budget afin de l’équilibré pour les travaux intérieurs et extérieurs tout en s’accordant des vacances en France. Notre financier trouve que ça baisse trop vite…
Tout est à faire pour aménager la Nichée à la convenance des VP (vacanciers permanents).
Il est maintenant très COWBOY avec son tracteur à gazon ou un motard sur son VTT quand… Quand il se rappelle comment ça marche.
Pourtant ce n’était pas pour lui au début et vraiment pas nécessaire… Il devient designer pour clôturer le jardin et travailler la matière noble. Il devient urbanisme pour faire des chemins dans le bois. C’est tout un exploit pour lui qu’il relève avec panache. Lui pour qui le travail manuel n’étant pas sa force.
Lui qui ne voyait pas l’utilité de l’ordinateur, scanner et de l’internet, le voici écrivain dans un blog, critique politique pour les journaux, organisateur de voyages etc. Qui aurait dit ça et c’était surtout pas pour lui…
Il est à quatre pattes devant ses bêtes…Qui l’ont dompté à leurs caprices.
Il est le patriarche du domaine et aime bien pavoiser devant ses invités sur ces réalisations ou sur le festin préparé par sa douce.
Il est fière et aime bien occuper sa place.
C’est notre TONTON !
Nous allons faire tout un VOYAGE en 2011 !
Tes nièces et neveux,
Les Nantel, Rouleau, Gagnon
PORTRAIT DE L'ÉCRIVEUX DE L'AVENIR (OPUS 70)
Il y a cinq ans, nous avions fait l’apologie des 65 années de vie de Louis…Souvenons-nous des différents traits de caractère énoncés : brillant, fait réagir, théâtral, gentleman farmer, grand patriote, connaisseur en vin, volubile à ses heures, administrateur…
En ce 70e anniversaire, nous dresserons un portrait de notre ami Louis, portrait relativement facile à faire puisque, de nature extravertie (en groupe), il se met facilement à nu. De ce fait, il semble au-dessus de tout mais sans l’apport de Noëlla, il pourrait être vulnérable. Nous ne pouvons donc parler de Louis sans penser à Noëlla, son ange tutélaire. Elle devient parfois son maître d’œuvre à certaines occasions et peut même jusqu’à l’admonester face à certains de ses agissements. Les activités fleurs et jardins lui sont une corvée annuelle qu’il accomplit sous l’habile direction de Noëlla qui doit par contre se garder de commencer à lui donner ses consignes par : Il faudrait que…
Nous ne voudrions en aucun cas faire une répétition du texte écrit il y a 5 ans. Aussi la question qui se pose donc pour nous est : Qu’a-t-il vraiment changé depuis ce temps?
Pourquoi est-il passé de un à quatre chiens aussi rapidement? Sûrement pas pour en faire l’élevage et vendre les chiots. Nous croyons qu’à défaut de s’affirmer au travail, puisqu’il est à la retraite, il affirme son autorité envers ses précieux chiens, qui lui obéissent au doigt et à l’œil et lui donnent inconditionnellement beaucoup d’attention. D'ailleurs, Thérèse a su profiter de son expertise en ce domaine pour apprivoiser Prunelle.
Polémiste intraitable, écrivain à la plume incisive, mais non sibylline, il aime bien répliquer à un éditorial, qui est contraire à sa pensée. Homme de pensée, de réflexion et de conviction, il possède les qualités d’un journaliste qu’il aurait pu devenir. Il tient des propos souvent dithyrambiques lorsqu’il aborde des sujets politiques et recherche l’authenticité. Ne lui parlez pas de ouï-dire. Il sursaute et se débat pour nous faire comprendre que le ouï-dire est nocif. Il demande de nommer nos sources qui doivent être crédibles.
Sa fidélité à l’émission Kiosque dénote chez lui un penchant à la pensée éclectique. Lecteur assidu du Devoir, il lève le nez sur La Presse qu’il juge trop fédéraliste.
Lors de nos repas trimestriels, on le retrouve à la fois sérieux et boute-en-train. Il va même, lorsque légèrement aviné, jusqu’à la pitrerie sans aller à la fadaise ou à la calembredaine. La galerie le stimule autant que le bon vin. Il aime se donner en spectacle et faire rire. Ses dons d’imitateur et son côté théâtral ne laissent personne indifférent.
Louis est un personnage aux multiples facettes. Tel un diamant finement ciselé, il a, au cours de son existence, subi de nombreuses influences. En premier lieu de ses parents qu’il a tendrement aimés, de ses professeurs de l’école supérieure Saint-Stanislas (dont monsieur Laprotte) qu’il a admirés, de son grand amour, sa douce Noëlla qu’il a adulée, de ses fils Louis-Georges, Stéphane et Jean-François qu’il affectionne particulièrement.
Ses amis, ses compagnons de travail et ses connaissances qui ont jalonné le cours de son existence ont permis de façonner et de teinter la personnalité actuelle de Louis. Chacun et chacune peut retrouver en soi certaines caractéristiques de la propre personnalité de Louis.
Louis est un livre ouvert. Nous connaissons presque tout de sa vie personnelle, depuis son enfance à aujourd’hui. Tel un peintre de grand talent, il a su nous tracer des portraits saisissants de ses parents, de ses fils, de sa Noëlla et de quelques-uns de ses amis avec justesse, affection et grande sensibilité. Outre les mots dits, sa passion de l’écriture se manifeste maintenant dans ses portraits. Que de belles paroles, de beaux mots utilisés. Avec lui, la langue française prend tous ces galons de noblesse. Qu’il soit lu ou non, commenté ou non, il écrit. Il a d’ailleurs cité dans son blog cette phrase de Eugène Ionesco : « Il faut écrire pour soi, c’est ainsi que l’on peut arriver aux autres. »
Oui, nous sommes privilégiés de compter cet homme dépareillé parmi nos amis.
C’est aujourd’hui en ce jour d’anniversaire que nous prenons le temps de lui dire qu’il a du talent, de la détermination et surtout de profondes convictions.
Mon cher Louis nous te souhaitons de beaux projets et de belles réalisations pour les trente prochaines années, accompagné de ceux que tu aimes.
Tes amis de l’arrondissement de Montréal-Nord de la grande ville de Montréal.
Thérèse Giroux, Francine Prieur, Pierre Courteau, Michelle Lavigne, Richard Presseau
À TOUS CEUX QUI PENSAIENT TOUT CONNAÎTRE SUR NOTRE AMI LOUIS, DÉTROMPEZ-VOUS! VOICI LA VRAIE HISTOIRE.
Vous l’avez peut-être fréquenté en tant que membre des familles Lacasse et Cousineau ou encore en tant que compagnon de voyage.
Vous avez peut-être partagé ses expériences d’horticulteur et d’arboriculteur ou encore de cultivateur et bucheron ou bien comme éleveur et propriétaire d’un chenil clandestin.
Vous avez peut-être subi les foudres de sa plume ou été forcé de lire ses textes.
Mais que savez-vous de sa jeunesse, de sa rencontre avec sa douce, de ses premières expériences comme campeur, ou comme maître piscinier. Connaissiez-vous ses talents de musicien, de gambler, d’entremetteur, d’homme d’affaires et j’en passe?
Par cette édition spéciale du « journal jaune », les membres de sa « gang » d’amis vous feront probablement découvrir d’autres aspects de la personnalité de notre ami Louis. Les auteurs de ces textes peuvent se targuer de parler en connaissance de cause car tous le connaisse depuis plus de 50 ans et au moins un depuis plus de 60 ans.
Toutefois, afin de nous éviter des poursuites judiciaires, nous avons préféré biffer certains textes compromettants. D’ailleurs, les articles publiés dans cette édition spéciale sont sous la responsabilité exclusive et entière de leurs auteurs respectifs; solidarité oblige.
Bon 70e anniversaire Louis.
LE GAG :
Gilles Léveillé, Jean-Pierre Lefebvre, Édouard Gervais
Guy Leduc, Jean-Claude Frèreault
L'ENFANCE (Gilles Léveillé)
La musique
Notre ami Louis est né d’un père pianiste et d’une mère à la voix bien campée. C’est pourquoi la musique aura, dès son jeune âge, beaucoup d’importance pour lui. Le fait que son père jouait devant public le rendait très fier mais ce qui l’a surtout marqué, c’est la retentissante mélodie de l’appel de sa mère à venir souper: «Loui e..e..eee!!!» Et le p’tit gars, croyez-le, rentrait à la maison!
Très vite, donc, Louis voudra démontrer qu’il avait de la corde vocale lui aussi. Une voix profonde, rocailleuse, colorée, toute inspirée de son idole chanteur de jazz de réputation mondiale, un autre Louis, comme par hasard!, le célèbre Louis Armstrong. Certains, peu généreux, diront qu’il tentait d’imiter le grand jazzman mais, en vérité, c’est plutôt notre ami Louis qui était ...inimitable dans ses prestations sonores!
Plus encore que le chant, ce qui a marqué la carrière musicale de Louis dans ses jeunes années fut sans contredit ses prestations de «drummer» dans les «partys» et son rôle de «tambour soliste» dans le corps de clairons et de tambours de l’ÉSSS (École secondaire Saint-Stanislas). Ah, il fallait le voir rouler les baguettes lors des parades dans les rues du quartier! Tout le monde était impressionné!
Les p’tites vues
Les premiers pas de Louis dans le champ de la culture ne se limitent pas à la musique. Notre ami sera, en effet, dès son berceau ou presque, un fervent amateur de cinéma. Cela, on l’a bien vu par sa fréquentation assidue, les samedis, de la salle paroissiale Saint-Stanislas, rue Laurier.
Parmi les grandes oeuvres du 7e art qu’il a appréciées, en fin connaisseur qu’il était déjà, il y aura, au tout premier plan, bien sûr, les films de cowboys de Roy Rogers et ceux des célèbres comiques américains Laurel et Hardy. À ce propos, les critiques ne s’entendent pas encore à savoir si Louis, aujourd’hui, est davantage Laurel que Hardy dans ses certaines de ses interventions.
Parmi les films vus à l’époque, il ne faudrait pas oublier non plus ceux des célèbres frères Marx, Groucho, Chico et Harpo, de qui notre ami aimait s’inspirer pour certaines de ses pitreries. Soulignons ici que ce sera le seul, oui vraiment le seul, moment de sa vie où Louis aura flirté avec le marxisme! Depuis, on l’a bien vu, la philosophie patronale s’est implantée solidement chez lui...
Les premiers pas d’un rédacteur
Ce n’est pas d’hier que Louis déploie son talent de rédacteur. Déjà, alors que la ruelle et les fonds de cours étaient encore ses seuls terrains de jeu, notre ami, qui devait avoir alors 12 ou 13 ans, rédigeait des potins et des petites nouvelles sur ce que faisaient ses copains et les gens du voisinage. Et bientôt vint le jour où, en équipe avec deux ou trois jeunes «intellectuels» comme lui, il entreprit de lancer rien de moins qu’un journal de rue: «Le lien». Louis et ses amis étaient ainsi devenus éditeurs
Les textes étaient écrits à la main sur des feuilles qu’on imprimait ensuite sur stencils. De la haute technologie quoi! Mais il fallait des sous pour payer l’encre, le papier et les stencils. Un département de publicité fut donc mis sur pied et les commerçants et notables du coin sollicités pour prendre des annonces! La vente du journal se faisait auprès des voisins et des parents. C’est ainsi que notre homme fit ses premiers pas en affaires!
Quelques années plus tard, à l’école secondaire Saint-Stanislas, Louis relança avec éclat sa carrière de journaliste, avec sa chronique «Sur le front local», publiée avec une régularité exemplaire, toutes les semaines dans «Le chez-nous», le journal de l’école, sous la signature de «Ti-Wi». En toute objectivité, n’en doutez pas, il en profitait pour taquiner ses amis, philosopher et rapporter les hauts faits de l’activité scolaire. Parfois, oh rarement, il se laissait aller à de gros mots comme «Syncope»!
L’organisateur
Le côté organisateur de Louis apparaîtra, aussi, très tôt dans sa vie, même si cette apparition, quel paradoxe!, se faisait souvent en cachette! Oui, c’est dans un hangar peu éclairé de la ruelle de la rue Laurier que se donnaient rendez-vous les p’tits gars du coin. Qu’allaient-ils faire là, à l’insu de leurs parents? Tout simplement, s’adonner aux loisirs, euh...disons, les plus audacieux de leur âge...comme parler des filles ou, ce qui était presqu’aussi excitant, échanger des cartes de joueurs de hockey! D’autres, cependant, s’initiaient à des pratiques plus délinquantes, carrément interdites par leurs parents, comme, par exemple, fumer des cigarettes.
Certains d’entre vous, traumatisés par les maux de notre époque, penseront peut-être qu’il se fumait là, aussi, dans ce sombre hangar de chez Louis, quelque chose de bien plus illicite que du vulgaire tabac. Eh bien oui!...ils ont raison. On y fumait...oui, c’est vrai, on y fumait...de la barbe d’épis de blé d’Inde! Ce devait être, assurément, que la marijuana n’était pas encore inventée!
Mais, peu importe l’herbe que l’on fumait, ce qu’il faut retenir c’est ceci: c’est Louis qui avait, par son art du ralliement, attiré dans son hangar toute cette marmaille avide de plaisirs. Cette qualité de rassembleur de notre ami se manifestera tout au long de sa TRÈS TRÈS longue vie et sera à l’origine, assurément, de cette formule de rencontres, planifiées et cédulées, de vieux «chums», qu’on appelle le Gag.
Louis, nous tes amis, nous te devons beaucoup, énormément même. Tu nous as grandement aidés à être plus accueillants, ouverts et généreux envers les autres. S’il fallait désigner un modèle de l’amitié, tous les regards se tourneraient certainement vers toi. Laisse-moi te dire toute mon estime et toute ma reconnaissance.
LA TRANSITION VERS LA VIE PROFESSIONNELLE -
LOUIS S'ÉCLATE AVEC LES AMAC (Édouard Gervais)
Et puis vint le moment de quitter l’école secondaire (l’ESSS). Pour la suite de sa formation Louis opta pour les Hautes Études Commerciales mais…. pas facile de tourner le dos à son adolescence, aux amitiés de ses 14-17 ans, à un monde dynamique et riche en valeurs. Pas facile de quitter un milieu dans lequel les talents de tout et chacun pouvaient se développer et s’exprimer dans une multitude d’activités. Louis s’y était engagé à fond de train comme tambourineur dans le corps de musique, comme membre de l’action catholique, comme chroniqueur du journal de l’école, etc. Encore un cordon ombilical à couper mais cette fois il prendra plus de temps.
Alors, à la suggestion et sous la direction de Jean Laprote f.i.c. (Le frère François), Louis et ses copains de l’Action Catholique retrouvent des anciens de l’action catholique de l’ESSS dans un truc pas reposant du tout les AMAC … (Ancien Militant de l’Action Catholique). Entre autres, Louis y rallie certains de ses complices d’aujourd’hui Édouard, Gilles et Guy dans un tourbillon d’activités ou s’entremêlent spiritualité, bénévolat, activités sociales, week-end entre copains, sketches, chants, sorties spectacles et théâtre etc. Louis est dans son élément et s’y illustre avec ses talents de communicateur, de chroniqueur, de comédien et de musicien. Entre autres il fut l’éditeur du journal des AMAC et y rédigea la cinquième colonne, de plus, il est de toutes les soirées récréatives organisées par les AMAC et à ce titre il fit partie du célèbre groupe « Les five nuts ».
Une participation au AMAC représentait une tonne d’activités en plus des études universitaires. On ne s’ennuyait pas. La vie était belle et nous partagions notre joie de vivre de bien des façons; par exemple par l’organisation d’une journée de sortie (genre grand- frère) pour orphelin à l’occasion de la parade du père Noël.
L’engagement politique et social est une constante chez Louis. Comme preuve, à la toute fin de ce document nous y reproduisons un de ses textes publiés en éditorial dans le journal AMAC vol III no.10 en 1959.
En septembre 1959, le mouvement AMAC perdait son cœur; Jean Laprote s’en va à Rome pour un séjour d’étude. Dans la foulée, en décembre 1959 les AMAC, après une longue période de réflexion, rejoignent le mouvement diocésain d’Action Catholique et deviennent JICiste (Jeunesse Indépendante Catholique). La participation des anciens AMAC à la JIC fut de courte durée; la culture était trop différente et Jean n’était plus là pour remplir le rôle de guide et inspirer l’action des AMAC. Louis et ses copains devaient passer à autre chose.
Les AMAC ont été une formidable étape dans notre formation. Nous y avons façonné notre caractère, consolidé nos valeurs, développé nos talents et nourri des amitiés qui ont été au cœur de notre vie.
Un grand merci à Louis pour le privilège et la qualité de son amitié.
C'EST LA FAUTE À MA GRAND'MÈRE...C'EST LA FAUTE À MON GRAND'PÈRE! (Guy Leduc)
Cette chanson, on pourrait l’appliquer à la rencontre de Louis et de Noëlla. Le tout a commencé par la venue à Montréal, de sa sœur aînée Béatrice. C’est en effet chez elle que son autre sœur Marthe est venue habiter lorsqu’elle a quitté Saint-Lambert de Lévis pour trouver du travail dans la grande ville. Saint-Lambert, c’est un peu plus loin que la banlieue sud de Québec mais ce n’est pas encore la Beauce selon les Lacasse. C’est quelque chose comme…le meilleur des deux mondes.
Les Lacasse arrivent en ville
Mais, à ce stade, l’implication des sœurs Lacasse dans cette rencontre n’en était qu’à l’état embryonnaire. Ça se précise un peu plus lorsque Estelle, une autre sœur, vient à son tour trouver du travail dans la Métropole. Pour suivre l’exemple de ses aînées, elle s’installe à son tour chez Marthe, maintenant mariée à Eugène Nantel et qui habitue rue Chabot.
Eugène a de grandes ambitions, tant professionnelles que familiales. En plus de son emploi régulier comme pompier à Montréal, il cumule un deuxième emploi au sein de la Cie EXCEL, grossiste en variétés. C’est donc via Eugène…ce cher Eugène, qu’Estelle occupera un emploi au sein de l’entreprise familiale des Leduc. Soit dit en passant, Estelle maria mon frère Gilles en Avril’71, établissant par le fait même un lien de parenté entre les Lacasse et les Leduc.
Noëlla devient une amie de Margot
Vous voyez, ça se précise un peu, mon cher Watson, car quelques années plus tard la famille Lacasse laisse la terre familiale à Saint-Lambert pour venir s’établir à Montréal. C’est ainsi que Noëlla fait la connaissance de Margot à l’école l’Assomption, coin Christophe-Colomb et Bellechasse. Après leur secondaire, les deux comparses poursuivront leurs études à l’École Normale Cardinal-Léger et c’est à cet endroit que se formera, avec leur amie Francine, le groupe des Mousquetaires. C’est aussi dans ces années là que les deux amies font un pari de $100.00 à savoir laquelle des deux sera mariée la première.
Margot et Guy se fréquentent
C’est en 1957 que je fais la connaissance de Margot. En période hivernale, il m’arrive souvent de monter dans l’nord pour faire du ski avec Estelle et son frère Méo. C’est alors que Noëlla se découvre une passion pour les grandes pentes enneigées et elle y invite Margot pour se joindre au groupe un de ces beaux dimanches alors que nous allions skier au Mont-Chanteclerc. Toutefois, les deux complices avaient décidées d’y patiner et de se concentrer sur le ski de chalet. Mais notre trio avait alors la réputation d’ouvrir et fermer les pistes, ça ne laissait pas beaucoup de temps pour les présentations et la jasette. Vous aurez deviné que nous avons eu l’occasion de nous reprendre par la suite…depuis 52 ans maintenant. C’est donc Noëlla, avec la complicité de sa sœur Estelle, qui a été l’entremetteuse entre Margot et moi. Et pour être certaines de leur coup, Noëlla invite Margot à une partie de sucre et Estelle en fait autant auprès de moi-même.
Guy fait la connaissance de Louis.
Pendant ce temps, notre Louis national fréquente l’école Secondaire Saint-Stanislas (ÉSSS) en face du parc Laurier. Entre autres activités parascolaires, Louis participe à la rédaction du journal de l’école, le Chez Nous et fait partie de la JEC. C’est donc en 1957 que j’ai connu notre ami Louis car je m’étais également inscrit à ces deux mêmes organisations. Étant beaucoup plus jeune que lui, j’arrivais donc en 11e à St-Stan, après avoir fait un petit détour d’un an par le snob Mont-Saint-Louis, alors que lui, était finissant, tout comme ses comparses Gervais, Léveillé et Lefebvre.
La rencontre de Noëlla et Louis
Après le secondaire, nos vies auraient pu ne jamais se croiser à nouveau. Mais c’était sans compter sur une organisation fondée par notre « ami-prof-animateur », Jean Laprote, alors dit Frère François, qui réunissait les Anciens Militants de l’Action Catholique de l’école, familièrement appelée AMAC. En 1959, j’avais pris la relève d’André Ouellette en tant qu’organisateur d’un groupe de jeunes de Montréal qui se rendaient en train pour participer au Tridium Pascal chez les Dominicains à Ottawa. J’avais alors demandé à Margot d’y participer. Ne voulant pas être seule de fille, elle décide d’inviter les autres membres de son groupe de Mousquetaires.
C’est donc officiellement en mars ‘59, à Ottawa, que Margot et moi avons joué les entremetteurs à notre tour, en quelque sorte, permettant ainsi à nos deux amis respectifs de faire connaissance. La suite…et bien la suite…chacun de nous en connaît de bons bouts n’est-ce pas. Entre autre le fait que quelques années plus tard, un 14 juillet 1962, Noëlla perdait son pari au profit de Margot et lui versa la somme de 100$. Mais Noëlla n’a pas été trop perdante car son amie Margot lui remis 99$ le 1er septembre lorsqu’elle épousa son prince charmant quelques mois plus tard.
La rue Renoir
En se mariant, Margot et moi nous sommes établis dans la grande ville alors que Noëlla et Louis décidèrent d’habiter la presque campagne de Montréal-Nord, à quelques rues d’où j’avais grandi. C’est durant ces trois premières années de mariage que chacun des deux couples verront la naissance de leurs deux premiers enfants. Les logements devenant un peu à l’étroit, nous avions alors décidé d’acheter chacun une propriété. Après avoir visité séparément des chantiers de construction, nous avons décidé d’aller en visiter ensemble par un beau dimanche d’automne. C’est ainsi qu’en avril ’65, chacune de nos deux familles prirent possession de leur côté respectif de deux duplex semi détachés. Notre ami Jean-Pierre a même décidé de s’établir dans le même complexe avec sa petite famille, en devenant le locataire de Noëlla et Louis. Chacune des familles y verra naître leur 3e enfant.
Avec nos locataires, ça faisait une marmaille de quatorze enfants dans les quatre logis. Une vraie maternelle quoi! Ainsi, durant plus de 20 ans, nous nous sommes partagés: piscine, patinoire, tondeuses, une multitude d’outils et même un mur mitoyen et une entrée de garage. Même Jean-Claude, un de mes amis d’enfance, s’est mis de la partie dans ces partages lorsqu’il devint notre deuxième voisin, l’année suivante sur la rue Renoir à Montréal-Nord.
Ami…de justesse
Je pourrais dire que nous nous sommes connus de justesse et il aurait bien pu arriver que tu ne puisses jamais faire la connaissance de Noëlla et chacune de nos vies auraient alors suivi des routes bien différentes. Après ma 10e au Mont-St-Louis, je me suis retrouvé à « St-Stan », en 1956-57, presque par hazard, pour faire ma 11e alors que vous, les vieux (Léveillé, Cousineau, Gervais et Lefebvre) étiez déjà finissants. Par chance, il y avait le parascolaire pour nous réunir. C’est donc au sein des organismes tel le Journal et l’Action Catholique et par la suite les AMAC que nous avons eu l’occasion de collaborer et de nous connaître.
Louis…une chance qu’on ça
C’aurait été très dommage que nos routes ne se croisent jamais. J’ai toujours apprécié ton amitié, autant comme ami que durant toutes les années où tu habitais le 6392 avec Noëlla et la marmaille.
Je lève mon verre de blanc (Québérac ou Manoir St-David) et je te dis: longue vie à notre amitié !
Organigramme…ou lignée
Béatrice, Marthe, Eugène, Estelle, Noëlla, Margot, Guy et un peu…de Jean.
RUE RENOIR (Jean-Claude Frèreault)
Je suis arrivé sur la rue Renoir un an après les Cousineau et les Leduc mais déjà Louis avait fait sa marque communautaire : tondeuse communautaire, piscine communautaire, tente communautaire
La tondeuse communautaire
La tondeuse communautaire était une idée de Guy mais elle fut rapidement partagée par Louis. Ce dernier y voyait une économie : en réduisant l’investissement au minimum et surtout une économie de temps d’entretien de la machine. Car sous le prétexte de ne rien connaître en mécanique, il laissait aux autres partenaires le soin de faire le nécessaire pour que la dite tondeuse fonctionne correctement.
Il a bien changé depuis ce temps car aujourd’hui il a acheté un grand nombre de machines outils qu’il opère et entretient minutieusement. A voir le nombre de tracteurs, de tondeuses, de débroussailleuses, de scies à chaine et autres machines qu’il possède maintenant, on se croirait chez un vrai cultivateur.
L’aspect communautaire est resté : il est prêt à prêter ses outils à la condition que vous lui fassiez quelques petits travaux qui, par hasard, attendaient justement votre visite. Il a même un V.T.T. qu’il daigne me permettre de conduire à la condition que je fasse disparaître le tas de pierre qu’il a fait livrer chez lui quelques jours plus tôt. En fait il est comme le boss d’Yvon Deschamps qui demande à son employé de monter dans le Nord pour couper le gazon à son chalet. Lorsque nous travaillons avec ses outils, il nous fait sentir heureux d’être son ami. ( Louis, les BOSS qu’eusse ça donne?)
La piscine communautaire
Le maître piscinier avant son temps. C’est chez les Cousineau que la première piscine de la rue Renoir arriva! Ce fut tout un évènement dans la petite communauté que nous formions. Pour une piscine de 24 pieds de diamètre nous nous y retrouvions souvent les enfants et les adultes ensemble faisant souvent beaucoup de charivaris ce qui faisait déborder l’eau et rendait les bords un peu boueux. Ces grands débordements faisaient en sorte de déstabiliser la concentration des différents ingrédients chimiques de l’eau.
Qu’à cela ne tienne, LE MAÎTRE PISCINIER sortait son attirail. Après de nombreuses lectures de tests, Louis en venait à la conclusion qu’il devait utiliser un nouveau produit chimique afin de contrecarrer les symptômes d’eau brouillée , d’eau avec trop d’algue, avec des algues vertes, pas assez ou trop de chlore, d’eau qui tourne au vert, au jaune ou au brun, et quoi d’autre encore…
Enfin sa réputation de MAÎTRE PISCINIER a traversé les océans de telle sorte qu’Alain (son neveu préféré ) lui a demandé de se rendre au château pour surveiller l’évolution du projet piscine à Salaines!
Tente communautaire
Il est bien connu que Louis adore le camping. Suite à l’une de ses nombreuses sorties en plein air, l’idée germa d’aller se prélasser au bord de la mer au Pin Haven Campground pendant quelques semaines. Il y avait un HIC, il lui manquait un équipement de base : la tente! Louis me faisant part de son projet de bord de mer et des bienfaits que la famille en retirerait, je n’ai pu faire autrement que de lui proposer d’utiliser ma tente familiale (une Simoune 5 places) bien connue de Margot et Guy. Mise à part la tente, il lui fallait le poêle au propane, l’étagère pour le poêle, la bonbonne de gaz, la vaisselle, les instruments de cuisine, les chaudrons etc…
Pour Louis, tout cet équipement devait venir avec le mode d’utilisation!
Alors pour s’en sortir Guy et moi avons mis sur pied un plan…
Premièrement étape: Guy partait une semaine à l’avance pour préparer les campeurs à la venue de notre SUPER CAMPEUR.
La deuxième étape était de « paqueter » la voiture de Louis de tout l’équipement de camping nécessaire à un séjour d’une semaine. Comme d’habitude, j’ai « paqueté » et il m’a regardé faire en me questionnant sur l’utilisation de chaque article que je mettais dans sa voiture. Il semblait se dire : « Qu’est-ce que je vais faire avec tout ce matérie? Où sont les livrets d’instructions? » Si je n’avais pas su que Guy l’attendait au camping, j’aurais été très inquiet moi aussi! Enfin il a fini par partir tôt un matin en direction du New-Jersey. Ce qui s’est passé lorsque que la famille Cousineau est arrivé au camping je n’en sais trop rien. Il y a eu plusieurs échos qui sont parvenus à la rue Renoir mais je ne m’en souviens pas.
Ce qui me revient à la mémoire est l’expérience de retour. Après que Guy eut aidé à « paqueter » la voiture de Louis avec l’équipement de camping, la caravane s’est mise en branle pour le Québec. Arrivés au premier poste de péage, Louis demande à Noëlla où elle avait mis son porte-monnaie. Alors, panique à bord de la voiture…. Le dit porte-monnaie est introuvable.
Au bout de quelques minutes qui ont dû paraître des heures, après avoir retourné tous les bagages dans tous les sens, l’article recherché a été trouvé enroulé dans la tente sur le toit de la voiture. L’histoire ne dit pas si le voyage dans le sud en CAMPING a été répété à plusieurs reprises.
Suite et fin
Je connais Louis depuis 50 ans. Il y aurait à raconter tellement d’anecdotes qu’un livre de plus de 600 pages ne serait pas suffisant.
J’aime mon ami Louis parce qu’il est sensible, émotif et attentif aux autres. Il est généreux de son temps lorsque les grosses tempêtes se lèvent et qu’un phare est nécessaire pour éviter les écueils.
Il aime les débats et surtout l’émission KIOSQUE. Il est un grand défenseur et ami des chiens et des chats. Il aime les musiques de tous genres. Il est aussi capable de tenir sa langue même s’il trouve ça très, très, très difficile…
JE T’AIME LOUIS PARCE QUE TU ES AUTHETIQUE. IL N’Y EN A PAS DEUX COMME TOI.MERCI DE NOURRIR NOTRE AMITIÉ !
L'HOMME AUX MILLE CHAPEAUX (Jean-Pierre Lefebvre)
Une connaissance
D’abord à l’école primaire St-Stanislas en 8e année de 1952 à 1953 et de la 10e année à la 12e année secondaire de 1954-1957 à L’ESSS. Durant cette époque, nous demeurons presque dans le même arrondissement et je le croise régulièrement mais je le connais surtout pour ses nombreux articles dans le journal « Le chez nous » où il fait ses débuts dans le monde journalistique dans le but lointain d’acquérir un jour un journal digne de ce nom dont possiblement « Le Devoir ». Hélas, la vie en décidera autrement, même si plus tard il aura l’insigne honneur d’être publié dans ledit journal.
Un écrivain
Toutefois à un âge passablement avancé, la vie l’ayant mené dans des eaux différentes, il décide de fonder son propre journal appelé « Blog ». Il se défoule alors sans vergogne en écrivant avec éloquence et enthousiasme l’apologie des gens de son entourage immédiat. Comme son entourage est plutôt peuplé et que ce qu’il écrit est fort agréable, il est permis de croire que ledit journal est voué à une longue vie à tout le moins aussi longue que celle de son créateur, ce que je nous souhaite sincèrement.
Un futur bachelier de HEC
Nous entrons tous les deux aux HEC en 1957, lui dans le but de parfaire ses connaissances en sciences sociales et économiques, moi dans le but de devenir expert comptable. Nous sommes d’ores et déjà dissemblable mais complémentaire. L’échange de bons procédés débute par une aide de ma part dans ses travaux en comptabilité qu’il exècre et lui me permet d’être moins rébarbatif à la langue de Shakespeare qu’il manie avec brio, héritage de sa chère maman.
Un joueur de cartes
Une partie de nos temps libres nous permet de nous familiariser avec le goût du risque en nous initiant aux cartes à jouer où chacun aura l’occasion de développer ses talents de « Poker face », expérience qui nous mènera éventuellement à des jeux plus risqués comme de se lancer en affaires. Mais n’anticipons pas.
Un musicien
Ayant hérité en partie des talents de musicien de son père, il fonde un groupe nommé « Le El Combo » (ou était-ce « Le Hell Combo ? Je n’en suis plus très sûr. Enfin…) et nous invite à un party d’étudiants où il nous démontre ses talents incontestables de batteur et de chanteur. Je pense d’ailleurs que c’est à cette occasion que fut créée la chanson « Tea for two cha cha » version améliorée qui va comme suit : tea for two, and two for tea, pis toé pis moé, on va s’aimer à mort baby…
Un amoureux et un entremetteur
Il rencontre au début des années 60 une jeune femme belle et bonne. Ce sera le coup de foudre. Toujours aussi généreux que d’habitude, sa dulcinée ayant une amie de fille du même âge qu’elle, il décide de me la présenter. La magie opère et nous nous retrouvons mariés tous les deux quelques temps plus tard, lui avec sa belle et moi avec l’amie.
Un frère
En 1963, ce qui devait arriver, arriva et nous nous sommes tous les deux devenus père. Les enfants ont grandi et se sont mis à nous appeler réciproquement oncle Louis ou oncle Jean-Pierre comme c’était la mode à cette époque, ce qui fit de nous des frères d’adoption en quelque sorte.
Un propriétaire
Pour loger sa progéniture, il envisage d’acquérir un duplex rue Renoir à Montréal- Nord. Un placement risqué pensait-il. D’autant plus que la somme payée comptant n’était pas très élévée ce qui amenait forcément des mensualités d’hypothèque plus élevées. Qu’à cela ne tienne, il réduirait le risque, se dit-il, en louant le deuxième étage à une personne en qui il avait entièrement confiance, en l’occurrence moi. C’est ainsi que nous pouvons presque dire que nous avons partagé, à peu de chose près, le même toit pendant quelques années.
Un associé
Durant cette période où nous vivions à proximité l’un et l’autre, nous avions envisagé à quelques reprises la possibilité de partir en affaires. Finalement, nous nous sommes associés et avons créé la Société Val-Nor Enr. Dans cette entreprise gérée en dilettante puisque nous avions conservé nos emplois réciproques, les initiatives diverses se sont succédées : fabrication d’un abri temporaire contre la neige qui nous a donné froid dans le dos par moments, publication sur cassettes d’un cours sur « l’enseignement du français à l’école élémentaire ». (rien de moins,mon cher Watson…), publication sur disque d’un document écrit par un sexologue de renom (aussi étonnant que cela puisse paraître, ce dernier a eu un certain succès et nous a permis de parfaire nos connaissances en la matière et de contribuer à ce que l’on a appelé la révolution très tranquille en ce qui nous concerne), fabrication d’un jeu nommé Fuzz qui nous a bien fait « fuzzer » même si nous n’étions pas sous l’acide et plusieurs autres. Cette entreprise nous a permis de nous enrichir… de nombreuses expériences plus ou moins traumatisantes mais sommes toutes très intéressantes.
Un conseiller en gestion
Cette première expérience comme associé d’affaires nous a permis de réaliser que nous pourrions fort bien entreprendre quelque chose de plus sérieux dans nos sphères de compétences respectives et nous avons eu l’occasion de mettre ce projet en marche en nous associant à nouveau en 1969.
J’étais, à l’époque, co-propriétaire avec deux autres experts comptables d’une société de gestion- conseils ou de conseillers en management. Nous voulions développer le volet de la gestion des ressources humaines et nous voulions un associé expert dans ce domaine. Louis possédait cette compétence. Il a accepté de relever ce défi pendant les deux années qui ont suivi. Au moment de notre entente, la firme possédait un bureau à Québec où se concentrait la grande partie de nos contrats de consultation. Nous voulions diversifier notre clientèle et développer le secteur de la région de Montréal. La venue de Louis nous amena à ouvrir un bureau rue Jarry angle Pie IX, à Montréal. Nous devions donc, lui et moi, solliciter une nouvelle clientèle pour obtenir de nouveaux contrats, compléter les mandats obtenus, gérer le personnel, rentabiliser l’opération et aider nos associés de Québec à compléter leur tâche. Est-il utile de dire, que le tout n’était pas une mince tâche. Nous nous y sommes attaqués avec enthousiasme et avec toute l’énergie dont nous étions capables. Malgré l’ampleur, somme toute, je pense que nous avons bien réussi à relever ce défi et dans certains moments de lassitude grâce à l’humour de Louis nous nous remettions au travail semaine après semaine. Entre- autre faits d’humour de Louis, je me rappelle que certains matins, il arrivait au travail le dos courbé comme quelqu’un d’épuisé et à la blague, il psalmodiait lentement d’abord et plus rapidement ensuite, avec plus de vigueur, tout en redressant l’échine en harmonie avec la phrase suivante répétée plusieurs fois : I am a dynamic consultant…I am a dynamic consultant…etc, comme si cette rengaine lui donnait l’énergie nécessaire pour entreprendre une autre journée. Incroyablement, la thérapie semblait efficace puisque nous avons effectivement maintenu nos efforts pendant plus de deux ans avec succès.
Par la suite, nous avons tous les deux opté pour naviguer sous d’autres cieux, Louis a accepté le poste de directeur des ressources humaines et de conseiller du président auprès d’un des clients pour lequel il avait complété un mandat de consultation pour le compte de notre firme et moi, j’ai accepté un partenariat avec une autre firme de consultants spécialisés en planification financière et successorale.
Autres chapeaux…
Au moment de la rupture de nos relations professionnelles, d’aucun aurait pu croire qu’à l’instar de ce qui s’est produit avec nos autres associés, nos chemins ne se seraient plus recoupés.
Comme vous pouvez le constater ce ne fut pas le cas. Pourquoi? Parce que Louis porte toujours plusieurs chapeaux sur lesquels, hélas, je n’ai plus le temps de discourir mais il en est un qui est d’une constance extraordinaire et dont je me suis nourri pendant de nombreuses années, c’est le chapeau D’AMI SINCÈRE, CHALEUREUX, FIDÈLE et GÉNÉREUX et je l’écris en grosses lettres pour bien souligner l’importance de cet extraordinaire cadeau qu’il m’a offert, son amitié. Je me considère privilégié d’avoir pu partager ce long chemin que nous avons parcouru ensemble et je nous souhaite de nombreuses années encore à cheminer côte à côte. Mon cher Louis, merci pour ce cadeau, merci d’avoir été là, merci d’être là.
Joyeux 70e anniversaire.
Ton vieil ami qui t’aime
Bonne fête Louis!
née 17 juin 1939